#A la rencontre d'...Eva Sandersen
Eva Sandersen - La classe danoise
Grande championne Danoise Eva Sandersen visait une médaille au Championnat du Monde Poomsae qui devait se tenir en mai chez elles, au Danemark. Mais la pandémie aura finalement retardé ses plans.
Retour sur le portrait que nous avions fait d'elle à l'occasion du French Open 2019;
Des yeux rieurs, un large sourire et ce petit gabarit qu’elle compense par une agilité et une grande une précision, la Danoise Eva Sandersen, 18 ans, est l’un des plus grands espoirs féminins du taekwondo. Victorieuse, en poumsé, de l’Open de France, la jeune fille conserve la grâce de ses années de danse. « Vers neuf ans, j’étais pourtant un peu lassée du classique, alors je me suis tournée vers le taekwondo. » Pas un hasard en fait. « Ce fut un retour comme un retour aux sources, confirme la native de Naestved (sud du Danemark), mes parents étant tous deux des enfants adoptés de Corée du Sud. » Déjà quintuple championne d’Europe, son entraîneur, Bodo von Münchow lui prête d’abord « une grosse détermination, un esprit de gagnante qui fait la différence ».
Spécialisée en poumsé et en free-style, la jeune championne pétrie de talent doit surtout préparer l’avenir en se méfiant d’elle-même. « Elle s’entraîne entre deux et trois fois par jour, six jours par semaine, explique son coach. Ma responsabilité, c’est aussi de lui rappeler de ralentir le rythme. Parce qu’Éva veut toujours aller plus loin, être la meilleure. Parfois, elle n’écoute pas assez son corps. Par exemple, comme elle fait de l’asthme et quand il lui arrive d’oublier sa ventoline, je suis obligé de lui dire de se reposer, d’y aller doucement. Elle doit aussi apprendre à gérer son effort en compétition. » À ses côtés depuis ses débuts, Bodo sait évidemment où sont les points forts et les points faibles de son élève. Mais pas besoin de la téléguider. Eva aussi, en a conscience : « Les bons résultats ne doivent pas me faire oublier que je dois par exemple travailler sur mon équilibre. En poumsé, alterner mouvements rapides et mouvements lents est plus complexe qu’il n’y paraît et je dois encore progresser. »
Sur sa performance à l’Open de France, elle se confie… en mode danois. « Je suis évidemment satisfaite, mais cela ne se fait pas trop de parler de soi en bien au Danemark. Ce n’est pas notre culture. Pour autant, il faut savoir s’évaluer si l’on veut s’améliorer. Alors disons que c’était un très bon point de passage » (sourire). Leader de sa génération, Eva analyse ce qui la différencie de ses concurrentes : « La force surtout, une qualité dont je me dis souvent que j’aimerais la mesurer à celle des garçons » s’amuse-t-elle. Une athlète qui fait pas mal parler d’elle en ce moment, au-delà des podiums. L’étudiante en bio-technologies participe en effet à l’émission Denmark’s Got Talent – le programme de télévision équivalent de La France a un Incroyable Talent – où elle a porté pour la première fois en finale la pratique du taekwondo. « La Fédération est ravie de voir Eva en finale, cela participe à partager notre discipline avec le grand public » apprécie Bodo von Münchow. La finale a lieu dans quelques jours, mais l’ambitieuse Danoise ne se trompe pas d’objectif : présente aux mondiaux de Poumsé en 2018 à Taipei, Eva Sandersen vise désormais une médaille en mai prochain au cours d’une édition 2020 qui se tiendra chez elles, au Danemark. De quoi continuer à écrire les pages d’une jeune mais belle histoire.

