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Coronavirus : Point sur la situation

Coronavirus

•    Au cœur de l’actualité ce jour : un déconfinement le 11 mai qui « reste encore à conquérir par les Français ». Les propos d’O. Véran et de C. Castaner incitent les journalistes à la prudence. Ils soulignent l’importance de la discipline de la population pour mener à bien le déconfinement.
•    La prolongation de l'état d'urgence est également sur le devant de la scène médiatique, suscitant en creux questions et critiques. Notamment en ce qui concerne la restriction des libertés individuelles, la "mise en cause" du droit du travail ou encore le traçage des patients.
•    La « polémique » sur de la vente de masques par la grande distribution et les inquiétudes liées à la réouverture des écoles restent au cœur des préoccupations des journalistes. 
•    La question de l’organisation des élections municipales gagne fortement en visibilité dans les médias en ligne, avec l’annonce par le JDD d’un possible report des élections les 27 septembre et 4 octobre.
•    Sur une note optimiste, les médias soulignent que la situation sanitaire continue de s’améliorer en France.

Pour les rédactions, le déconfinement reste suspendu au comportement des Français

Les prises de parole d’O. Véran et de C. Castaner alimentent les conversations médiatiques autour du déconfinement, qui resterait à « conquérir ». Pour les journalistes, la prudence est donc de mise quant à l’assurance d’un déconfinement le 11 mai. Ils insistent sur le fait que cette levée du confinement dépendra de l’évolution du nombre de malades et du respect, « jusqu’au dernier moment », du confinement. Les propos d'O. Véran dans Le Parisien sont perçus par certains comme une volonté d’encourager les Français à la discipline et comme une forme d’avertissement (« O. Véran vient volontairement jeter un froid », « le Gouvernement multiplie les mises en garde » Sud Ouest). A noter : le rédacteur en chef du Monde C. Meeus souligne des « messages contraires sur le déconfinement ». Conséquemment, il interroge la cohérence de ces messages et se demande ce qui justifierait que les départements en vert puissent voir le déconfinement remis en question.
Les propos du ministre de l’Intérieur bénéficient également d’un large écho médiatique. Pour les journalistes, C. Castaner a permis de préciser plusieurs questions en suspens. Ils estiment aussi qu'il aurait été rassurant en réaffirmant sa certitude d’atteindre l’objectif du déconfinement le 11 mai. La possibilité d’un retour à la maison pour les personnes confinées à plus de 100 km de chez elles est l’annonce la plus retenue par les médias, qui la mettent en avant dans leurs titrailles. En outre, les journalistes retiennent : le contrôle des déplacements dans le périmètre des 100 km, l’encadrement des vacances d’été et la mise en garde contre les déplacements inutiles.

Sur les RS, les réactions sont partagées sur le sujet du déconfinement et d’un éventuel report de sa date. Sur Twitter, ce sont les sphères d’opposition, plus particulièrement marquées à gauche et GJ, qui se montrent les plus actives. Elles s’indignent d’une « culpabilisation des Français » et d’un report « inacceptable » qui entérinerait une prolongation de restriction des libertés individuelles. Sur Facebook, les internautes se montrent plus compréhensifs, estimant que certains Français ne respecteraient pas assez les mesures pour permettre une lutte efficace contre le virus.
Les journalistes se font le relais des craintes autour de la prolongation de l’état d’urgence sanitaire

Dans l’ensemble, les journalistes considèrent que la prolongation de l’état d’urgence permet de « clarifier un peu » le cadre du déconfinement (port du masque obligatoire dans les transports en commun, possibilité de circuler sans attestation...). Ils traitent plus spécifiquement deux points ayant suscité la polémique : la possible obligation d’isolement pour les personnes infectées et la mise en œuvre d’un système de traçage des personnes malades et de leur entourage. De manière générale, les médias insistent sur le fait que de nombreuses inquiétudes demeurent du côté des oppositions et des constitutionnalistes, qui craignent « une dérive vers un régime d’exception » et une mise en danger des libertés fondamentales (Le Parisien). Dans ce contexte, les prises de paroles de personnalités politiques sont mises en avant (BFMTV  : saisine du Conseil constitutionnel par les sénateurs LR, M. Le Pen sur BFM TV : « Voter une loi d'urgence sanitaire pour 2 mois, c'est trop, il faut que cela dure 3 semaines/1 mois »).
En ce qui concerne plus spécifiquement la question du traçage des malades, les craintes sont encore plus palpables. Les risques d'atteintes au secret médical sont souvent avancés (Europe1 : « Traçage du coronavirus : Retailleau veut "une procédure de refus" pour les proches des malades », BFMTV : « Marine Le Pen se dit "inquiète" de la collecte de données »). Les articles précisent néanmoins que le ministre de la Santé s’est voulu rassurant en affirmant que les données médicales recueillies ne serviront pas à l'application StopCovid. A ce sujet, des questions persistent quant à la pertinence de l’application. Plusieurs publications indiquent que cette dernière ne sera pas prête pour le 11 mai et jugent qu’O. Véran a préparé la France à ce qu’elle ne voit jamais le jour (20 Minutes).
Sur Facebook comme sur Twitter, les internautes s’inquiètent en grande partie du prolongement de l’état d’urgence sanitaire qui pourrait contraindre libertés individuelles et droits des travailleurs. Beaucoup ne comprennent pas en outre la réouverture des écoles dans ce contexte. Quelques commentaires continuent de dénoncer une gestion « improvisée de la crise ». En contre-point, des internautes, plus minoritaires, font le parallèle avec la menace terroriste, estimant qu’il est normal d’instaurer des mesures drastiques et « d’apprendre à vivre autrement » pour lutter contre le virus.

La question des masques demeure particulièrement sensible dans le paysage médiatique

Le sujet des masques reste l’une des principales préoccupations des journalistes ce dimanche. Les publications reviennent sur la « polémique » autour de la commercialisation des masques pour le public dans la grande distribution (Le Monde : « La polémique continue d’enfler sur les stocks de masques de la grande distribution », Nice-Matin : « la grande distribution se défend tous azimut »), relayant le démenti de M.-E. Leclerc concernant d’éventuels « stock cachés ». Des personnalités politiques appellent toujours à la distribution gratuite des masques (M. Larive/LFI, S. Royal/PS). A noter, BFMTV relaie les propos critiques de Gérard Collomb sur les « allers-retours » du Gouvernement sur la question des masques.
En mineur, une publication de Mediapart, affirmant que le Gouvernement promeut des masques « grand public » pour « cacher la pénurie » gagne en visibilité sur Facebook, bien qu’à des niveaux encore modérés, avec 3 K interactions (partages sur les groupes Insoumis et GJ principalement). Le média estime d’emblée dans son chapô que « la France est le premier pays européen à expérimenter massivement ces modèles ni certifiés, ni normés et scientifiquement mal connus. »
Par ailleurs, les articles rapportent factuellement que 100 millions de masques seront distribués chaque semaine gratuitement aux professionnels de santé libéraux et continuent de faire œuvre de pédagogie sur les bons usages pour un port du masque efficace.
Sur Facebook, la réinfosphère et les sphères d'opposition relaient la colère des soignants. Certaines publications viralisent très clairement (Damoclès, Nantes Révoltée). Les marques de soutien à leur égard sont également visibles dans nombre de commentaires. Sur FB comme sur Twitter, les motifs d’inquiétude des internautes restent les mêmes : coût trop élevé des masques, stocks insuffisants pour toute la population et mauvais usages. 
La question de l’organisation des élections municipales gagne fortement en visibilité dans les médias en ligne
Les rédactions affirment qu’un projet de loi prévoirait de réorganiser les élections municipales les 27 septembre et 4 octobre prochains dans les communes où les maires n’ont pas été élus dès le premier tour, citant une information du JDD. Les journalistes notent que le Gouvernement projetterait de présenter ce PJL au Parlement d'ici début août. Sur ce sujet, les réactions des politiques de tous bords sont dans l’ensemble positives (M. Le Pen sur BFMTV : « Rejouer les 2 tours, c'est naturel." », V. Rambault/LR : « La démocratie exige que toutes les élections municipales soient rejouées. », France Info : « ce nouveau calendrier électoral devrait satisfaire G. Larcher, le président du Sénat ainsi que les associations d’élus, en particulier l’Association des maires de France, présidée par F. Baroin »).
La tenue de ces élections en septembre et en octobre inquiète les internautes, qui témoignent pour certains de leur regret d’être allés voter en mars face au risque du coronavirus. Le sujet reste, pour l’heure, néanmoins peu visible en ligne (5,3 k tweets et 51 k interactions Fb depuis 24 heures).
Les rédactions continuent de se faire l'écho des critiques et craintes sur la réouverture des écoles
La réouverture des écoles occupe encore une place importante dans les médias en ligne qui mettent en avant la persistance des interrogations et des inquiétudes de parents, d’enseignants et d’une partie de la classe politique. En outre, les publications relèvent que certains maires s’opposent à la réouverture des établissements scolaires et qu’ils justifient cette décision par les difficultés de mettre en place les mesures de distanciation et les gestes barrières.
La majorité des internautes reste hostile à la réouverture des écoles, craignant des conséquences sanitaires néfastes.
Sur fond d'optimisme, les journalistes notent l'amélioration de la situation sanitaire
L’amélioration lente mais progressive de la situation sanitaire en France est relayée avec optimisme par la presse en ligne, précisant que la pression sur les services de réanimation continue à s’amoindrir et que les effets du confinement commencent à se faire sentir en Europe (Le Monde : « l’Europe se déconfine progressivement, lente amélioration en France »). Les articles se font également l’écho de l’appel à la prudence d’O. Véran selon lequel il ne faut pas se relâcher trop rapidement.

Autres sujets

•    On observe en outre une poursuite de l’intérêt médiatique pour la demande de certains élus locaux et d’internautes d’accéder aux plages, notamment à l’appui du hashtag #RendezNousNosPlages. Les publications remarquent une importante mobilisation en ligne des internautes de toute la France (12 k tweets et 140 k interactions Fb en 24 heures).
•    Relais factuel de l’information selon laquelle le Sénat prévoit de lancer une commission d’enquête sur la gestion de la crise.
•    La question des vacances d’été interroge encore les journalistes, qui se demandent notamment si les Français pourront voyager à plus de 100 km de leur domicile.
•    En mineur, les journalistes remarquent que la popularité du Gouvernement se stabilise et rapportent que, selon un sondage Ifop pour le JDD, 20% des Français pensent que N. Sarkozy ou M. Le Pen auraient mieux géré la crise qu’E. Macron.
Questions des internautes
•    Le lavage méticuleux du masque au savon de Marseille est-il aussi efficace qu'un lavage à 60° à la machine pour détruire le virus ?
•    Pourquoi faut-il sécher impérativement les masques dans les 2h, et pas à l'air libre ?
•    Comment se dérouleront les contrôles après le 11 mai ?
•    Comment pourront circuler les personnes arrivant en France, après la période de quatorzaine ?
•    Pourquoi interdire l’accès aux plages, parcs, restaurants et petites boutiques mais pas aux métros et aux grandes surface « propices à la promiscuité » ?
•    Les stages doivent-ils être annulés ?

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