Code d'Honneur : Fair-Play
Le Taekwondo repose sur un socle de valeurs (humilité, maîtrise de soi, persévérance, loyauté, fair-play et respect), qui forment notre code d’honneur à respecter et à approfondir. Pour mieux les comprendre, experts, champions, entraîneurs ou arbitres partagent leurs expériences et réflexions sur la symbolique de nos valeurs
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Fair-play - "C'est accepter loyalement les règles"
Pascal Gentil : « Agir de manière juste »
Tout au long de sa riche carrière, le double médaillé olympique Pascal Gentil assure avoir veillé à conserver une attitude fair-play vis-à-vis de ses adversaires.
« Le fair-play m’a été inculqué assez tardivement, puisque je n’ai débuté le taekwondo qu’à l’âge de dix-huit ans. Malgré tout, je n’ai eu aucun mal à assimiler cette valeur. Même si j’ai eu la chance de survoler ma catégorie au niveau national, je n’ai jamais cherché à humilier mes adversaires, ni à faire le fanfaron. Être fair-play, c’est agir de la manière que l’on estime juste, et savoir reconnaître ses erreurs lorsque l’on en commet. Je vais vous donner un exemple : en 1999, j’ai tenu des propos qui n’avaient pas du tout plu à Mikaël Meloul, mon concurrent dans la course aux Jeux olympiques de Sydney. C’était il y a presque vingt ans, mais je l’ai appelé récemment afin de m’excuser. Et je pense que tout va mieux désormais ! »
Jess Trahan : « Savoir gagner avec élégance »
Jeune arbitre internationale, Jess Trahan insiste sur la nécessité, pour le vainqueur du combat, de ne pas basculer dans une euphorie excessive.
« De mon point de vue, le fair-play repose sur trois piliers fondamentaux : la loyauté, la bonne foi et l’équité. Cela concerne les deux combattants bien sûr, mais aussi leurs entraîneurs et les arbitres. Le salut que les deux adversaires effectuent au moment du kyeong-rye signifie qu’ils acceptent de s’affronter dans le respect de l’autre et des règles. Le fair-play implique de rester digne, dans la victoire comme dans la défaite. Le vaincu ne doit pas contester l’issue du combat, alors que le vainqueur doit savoir gagner avec élégance. Il est vrai que, parfois, certains athlètes font preuve d’une joie démonstrative. En tant qu’arbitre, je peux mettre une sanction si cela bascule dans l’excès. Mais ça ne m’est jamais arrivé. »
Éric Komou : « le plaisir et le dépassement de soi avant tout »
Fondateur de l’Académie Grand Lyon il y a cinq ans, Éric Komou croit beaucoup au rôle social de la discipline, notamment à travers l’apprentissage de la victoire et de la défaite.
« Jeune, on ne voit souvent que par la victoire, poussé en ce sens par ses supporters lors des compétitions, comme dans les messages véhiculés à longueur de temps à la télévision. Et lorsqu’il y a défaite, on oublie trop vite le fair-play. L’interclubs citoyen mis en place au club lutte contre ça, en rappelant qu’il ne s’agit que de sport, où le plaisir et le dépassement de soi, dans le respect des règles, doivent primer sur le résultat. Et cela porte ses fruits puisque, si la déception est normale en cas d’échec, personne ne se cherche plus d’excuse et redouble d’efforts à l’entraînement pour progresser. C’est bien sûr humain de s’énerver – cela m’est fréquemment arrivé, sur l’aire de combat comme sur la chaise de coach – mais celui qui te fait face veut la même chose que toi, et tu dois le respecter pour cela. »

