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Morgan Lagravière, le vent pour passion

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Il n’en finit pas de renaitre et de rebondir. Morgan Lagravière dessine sa carrière d’homme de mer en larges paraboles tantôt ascendantes, tantôt descendantes, au gré des fortunes que le vent et les océans poussent sur son chemin de vie. Depuis ses rivages enfantins de La Réunion et ses premiers bords en Optimist, il a avec bonheur touché à toutes les machines destinées à performer sur l’eau, du maxi trimaran au Kitefoil. Thomas Ruyant dit de lui qu’il est l’ami du vent et qu’en toutes circonstances, vitesse et performance l’accompagnent. Membre à part entière de l’équipage de l’Ultime Edmond de Rothschild, récent vainqueur de la Rolex Fastnet race, Morgan partage désormais à bord de l’Imoca LinkedOut, avec plaisir et envie, non seulement son talent si exclusif de performer, mais cette sensibilité singulière au vent, à la mer, à la vie trépidante des bateaux qui volent sur l’eau. Il sera au départ de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre le 7 novembre aux côtés du skipper dunkerquois. Zoom…

Une formation olympique

Tout commence, comme souvent, par un atavisme hérité d’un père et partagé par des frères « voileux » en diable. La Réunion et ses rivages déchirés par l’océan Indien offrent à la fratrie Lagravière d’extraordinaires terrains de jeux sur lesquels le jeune Morgan excelle dès l’âge de 6 ans, grimpant quatre à quatre les marches de l’expérimentation en Optimist, 420 puis 470, sous la houlette d’incubateurs de passion comme Gabriel Jean Albert son entraîneur et ami. Une voie semble se dessiner pour lui, qui passe par Antibes et Marseille, section sport étude, avec l’Olympisme pour but ultime. Stéphane Christidis est son partenaire en 49er, avec qui il frôlera la sélection pour les Jeux Olympiques de Pékin. « L’Olympisme me caractérise encore aujourd’hui » affirme-t’il, empreint de cette rigueur, de cette résilience, de ce perfectionnisme propre à la pratique exacerbée de la monotypie. « Ma priorité, c’est le sport, la gagne, la compétition. » Morgan Lagravière cultive contre vent et marée son sens innée de la vitesse, née de sa quête du plaisir de la glisse. « En course au large, la technologie vient rompre la logique du plaisir. Je m’attache à préserver l’intuition et les sensations tant en Imoca qu’en Ultime. C’est un point que j’ai en commun avec Thomas… »

L’homme oiseau

La quête de la vitesse sur l’eau passe aujourd’hui par le vol, par la capacité offerte par les nouvelles technologies d’arracher planches, monocoques ou multicoques aux éléments liquides, pour accélérer dans la durée non plus sur la crête des vagues, mais sur la résistance de l’air. Morgan l’homme oiseau se meut avec délectation dans cette nouvelle approche de la navigation hauturière. « Voler, piloter un avion est une autre de mes passions » avoue ce détenteur d’une licence de pilote privé. « J’ai un moment caressé le rêve de partir au Canada pour y devenir pilote de ligne. » Avion, foiler…. C’est encore une fois la sensibilité, l’approche intuitive de la gestion des éléments qui s’exprime, cette recherche de la symbiose parfaite avec les élément propulsifs naturels, liquides ou aériens. « Je vis mes passions à fond. Dans l’instant. Sans calcul ni plan de carrière. Je suis ainsi devenu « addict » au Kitefoil, un prolongement dans ma quête des sensations absolues de la glisse. C’est ainsi que je trouve mon équilibre, en prolongeant les exigences du sport de haut niveau inculquées par mon passé Olympique dans les pratiques saines des sports de glisse, de la voile et du vol, avec ma petite famille pour ciment. »

A 34 ans, Morgan Lagravière, a réalisé l’alchimie ciel, terre, mer, pour le plus grand bonheur de LinkedOut, TR Racing et Advens.

TR Racing Inside ; les mots de Morgan Lagravière

Sans pour autant quitter le Team Edmond de Rothschild et son maxi trimaran, Morgan Lagravière a répondu avec enthousiasme à la demande de Thomas Ruyant d’être son co-pilote à bord de l’Imoca LinkedOut pour la Transat Jacques Vabre 2021. Morgan s’est ainsi glissé avec facilité et envie dans sa nouvelle casaque. Il partage depuis le printemps et la Course de l’Europe le quotidien du Team de Thomas qui lui inspire les jolies réflexions suivantes ;

« Mon « intégration » s’est faite de la plus naturelle des manières, d’abord à cause des points communs qui me lient à Thomas, et ensuite de par le grand professionnalisme de toute l’équipe. Je partage de nombreuses valeurs et expériences avec les membres de l’équipe. Le travail ici consiste en réalité à de grands moments de partage, tant sur le plan sportif que technique.

Chacun est très impliqué quelle que soit sa charge. Il y a un gros investissement personnel de la part de chacun, une vraie dynamique de groupe, avec une forte émulation, et c’est un plaisir de collaborer à une tâche commune. J’ai d’emblée constaté que chaque membre connaissait à fond et parfaitement le bateau. LinkedOut est choyé, chouchouté par un Team motivé. Il n’y a pas de mercenaire ici, mais que des personnes impliquées, habitées par une mission. Personne ne compte ses heures. Thomas n’est pas directif au sens strict du terme. Il est le fer de lance du projet, capable de trancher, de taper du poing si nécessaire, mais surtout en grande capacité à déléguer, à faire confiance. C’est là le point le plus marquant ; Thomas sait s’effacer chaque fois que nécessaire. Il donne le ton, la direction, et laisse ses collaborateurs en capacité de s’exprimer dans son domaine de compétence. C’est très valorisant pour l’équipe.

En ce qui me concerne, Thomas m’accepte tel que je suis. Il me fait totalement confiance. Notre force est la complémentarité. Le Team est totalement dédié à la performance. C’est aussi mon moteur. Chaque jour, chaque navigation a modifié mon regard sur le bateau et son potentiel. C’est étonnant, mais on progresse et on apprend chaque jour davantage sur ce bateau. Je crois que nous avons aujourd’hui atteint un niveau qui nous place parmi les tout meilleurs de la Classe. Apivia dispose d’un petit plus. Mais nous disposons encore d’une jolie marge de progression et je suis persuadé qu’au fil des jours durant la course, nous allons trouver d’autres clés pour continuer de nous améliorer. Une chose est sûre, nous serons compétitifs. »

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