La MFR de Saint-Flour (Cantal) a accueilli le premier concours MAF de la région Aura des métiers du cheval
Avec les nombreuses formations équestres qu’elle propose et qu’elle a étoffées au fil des années depuis la création il y a trente ans de son pôle hippique, la Maison familiale rurale de Saint-Flour fait figure d’exemple dans le monde de l’équitation. Mieux, elle est aujourd’hui le seul établissement de la région Auvergne spécialisé dans ces deux métiers que sont le palefrenier soigneur et l’enseignant d’équitation. « Deux secteurs où elle est dans l’excellence », assure Gil Aleyrangues, directeur adjoint de la délégation territoriale Auvergne-Rhônes-Alpes de l’IFCE (institut français du cheval et de l’équitation). À ses côtés, la MFR de Mornand-en-Forez (Loire) et deux établissements publics, le CFPPA d’Yssingeaux et le lycée agricole de Comtamine sur Arve (Haute-Savoie) qui comptent dans la formation française équestre.
Une grande première pour la MFRPas étonnant donc que le site sanflorain ait été choisi par Gérard Gouvernayre, responsable régional des concours MAF, pour accueillir les touts premiers concours du Meilleur Apprenti de France de palefrenier soigneur et d’enseignant d’équitation, qui jusqu’à présent ne figuraient pas dans la liste des 114 métiers éligibles. Seules les professions de sellier-harnacheur et de maréchal-ferrant représentaient la filière équine.
« Ils nous ont sollicités et on a accepté, car c’est valorisant et c’est une reconnaissance de notre savoir-faire ».
Car si cette première étape régionale donne assurément l’opportunité à la structure sanfloraine de briller davantage dans le monde du cheval, elle lui permet aussi de faire la promotion de son panel de formations. Car, comme le rappelait Caroline Monneron, « la MFR est très connue et reconnue partout en France, mais peu ici au niveau local et ne compte dans ses élèves que deux ou trois jeunes du bassin de Saint-Flour ».
Quatre métiers en tension de la filière équine ont été ajoutés cette année au catalogue des métiers en lien avec le cheval admissible au concours MAF : palefrenier-soigneur, enseignant d’équitation, lad driver et cavalier d’entraînement.
Douze candidatsParmi les 301 candidats inscrits à cette première édition du concours MAF consacré à six métiers du cheval, sept ont participé aux sélections départementales et régionales de palefrenier-soigneur et cinq d’enseignant d’équitation qui se sont déroulées mardi à Massalès, devant un jury d’une douzaine de professionnels, sous la présidence de Gérard Gouvernayre, élu MOF en 1990 dans le secteur du travail des matières plastiques. Ils ont été soumis à quatre épreuves chacun : une de bien-être, une de toilettage, une de présentation et une d’entretien du box pour les candidats au MAF de palefrenier et un QCM, une épreuve d’équitation, une épreuve de pédagogie pratique et un grand oral pour les enseignants d’équitation.
Un nouveau directeur et de nouvelles ambitions à la MFR de Saint-Flour
Et parmi ces douze candidats, volontaires, sept sont issus de la maison familiale rurale de Saint-Flour. À l’image de Bruno, élève de première CAP palefrenier. « Quand on m’a proposé de participer au concours, j’ai dit oui tout de suite car c’est une chance, ça n’arrive pas à tout le monde ». Même enthousiasme de la part d’Arnaud, en seconde production animale, qui n’a pas hésité une seule seconde la proposition de son professeur, « car c’est une bonne expérience ». Et c’est gratifiant. Car si leur participation ne leur assure pas obligatoirement une place en finale, qui se déroulera début juillet à Chantilly, elle leur offre toutefois une belle carte de visite que les employeurs sauront apprécier sur leur CV (lire ci-dessous). Quant au titre suprême, s’ils le décrochent, il leur permettra d’accéder à l’excellence et de s’assurer un bel avenir professionnel. Pour preuve, « 95 % d’entre eux vont créer leur entreprise dans les deux ans qui suivent », assure le président du jury régional Auvergne-Rhône-Alpes.
L’apprentissage, « une très belle voie »A l’heure de la remise des récompenses aux candidats, en présence d’élus et de représentants de l’IFCE et d’Equi-ressources qui a porté l’organisation de ce premier concours, la fierté, l’excellence, le savoir-faire et le talent, tant des apprentis que des enseignants ou que de la MFR, étaient unanimement salués. Nathalie Barbat, présidente de la structure, voyant dans ce concours « un véritable levier d’ambition, un véritable tremplin pour les stagiaires et les apprentis, un formidable révélateur de talents ». Didier Achalme, conseiller départemental et passionné d’équitation, insistait, lui, sur le bien-fondé de l’apprentissage, « une très belle voie », sur laquelle « Laurent Wauquiez reste particulièrement mobilisé », rappelait Bruno Faure, en charge de l’Auvergne au Conseil régional. « Une voie enfin réhabilitée », selon Martine Guibert, vice-présidente de Saint-Flour communauté. Et la Maison familiale rurale de Saint-Flour d’en apporter la preuve à travers ses deux pôles de formation dans le secteur sanitaire et social d’une part et les métiers du cheval d’autre part.
Deux candidats au MAF nationalErine Buisson et Arnaud Viricel, qui ont respectivement obtenu la médaille d’or régionale du concours de palefrenier soigneur et d’enseignant d’équitation, se sont ainsi qualifiés pour le concours national MAF à Chantilly.
Tess Decouture et Bruno Yvart ont, quant à eux, été médaillés de bronze départemental comme palefrenier soigneur, Lou-Anne Lapierre a reçu la médaille d’argent régionale et Emilie Garric la médaille de bronze départementale du concours enseignant d’équitation.
Isabelle Barnérias

