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À Châtel-Montagne (Allier), le cheval est une passion sportive et familiale

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À suivre l’étroit ruban asphalté qui méandre, en Montagne bourbonnaise, jusqu’au hameau du Gonje, bordé aussi loin que la vue puisse porter de vastes enclos où paissent tranquillement des chevaux semblant sortir du dernier John Ford, on comprend mieux. On comprend pourquoi Flore-Marie Etien s’est retrouvée toute môme en équilibre sur une selle à l’âge ou d’autres gamines avaient bien besoin de leurs petites roues pour ne pas se casser la figure à vélo.

Le saut, une communion entre le cavalier et l’animal

Et quand Michel, le papa vient se joindre à la discussion, cheveux longs sur un visage buriné à la Charles Bronson, on se dit définitivement que nous ne lui poserons pas de question à Flore-Marie sur l’origine de sa passion pour le noble animal. On retrouve notre personnage, manches retroussées et fourche en main, en train de curer un box. « Ma première monture était une ponette, Ophélie qui a vécu jusqu’à 42 ans. Je lisais allongée sur son dos. » Galop 7 - le Graal du cavalier - à 12 ans, 1re catégorie à 18 ans, vice-championne de France en 2007, voilà plus d’un quart de siècle que Flore-Marie pratique le haut niveau du saut d’obstacles. Pas en amateur, en professionnelle, ce qui lui ouvre les portes des plus grandes épreuves. Attention, ont insisté toutefois papa et maman : « pense à tes études ». Bachot à 16 ans, diplôme bachelor en Sciences de l’environnement dont elle fait profiter la Communauté d’agglos de Vichy. Une tête bien faite sur une passion lucidement étayée.

De mai à octobre, à raison de deux ou trois concours par mois, elle franchit les barrières. « Pas trop les frontières, hormis la Suisse, car la discipline revient cher. » Imaginez, un camion pouvant transporter six chevaux et leur fourrage pour 3 ou 4 jours, accueillant un coin caravane pour faire dormir trois personnes et doté d’un coin cuisine. Le convoi a de fait un coût. Mais, elle est ainsi la vie de compétitrice de Flore-Marie suivie à la trace par son coach de papa et parfois de son compagnon Yohan.

Son chaudron vert à elle, le stade du Sichon

Ses autres idoles, « Hervé Godignon que j’ai eu la chance de rencontrer, Alexandra Francart que je côtoie sur le circuit, Eugénie Angot. » Son chaudron vert à elle, le stade du Sichon. C’est là que toute petite, elle s’est mise des étoiles dans les yeux. Les objectifs sont multiples. Prendre du plaisir sur Halidée son cheval préféré pour l’heure, flirter au plus près des podiums, aguerrir de plus jeunes bêtes à la compétition. Et puis, « échanger avec mes chevaux. On apprend beaucoup sur soi de ses montures. L’équitation reste une belle école de vie. » Clémentine, sa petite fille de 4 ans, en est déjà convaincue, elle qui tient les clous quand son maréchal-ferrant de papy ferre les bêtes.

Plus bourbonnais rural que Michel Etien, y’a pas ! Défenseur de la ruralité et de la cause chevaline. Au point d’installer une Écurie à Châtel-Montagne, loin de tous les réseaux habituels. D’abord une écurie, qu'est-ce que c'est? « Surtout pas un centre équestre. Ici, on fait naître des poulains, on les élève puis on les dresse. » La structure a près d’un demi-siècle (création en 1976), c’est dire si elle a fait ses preuves. Le but, mettre sur le marché des chevaux à fort potentiel dans le domaine du saut d’obstacles. « Ici, nous ne travaillons que sur du “Selle français” pour rester au plus près du sang. »Michel et Yohan présentent la dernière naissance de l’Écurie.... Au départ, tout passe par la génétique. Les juments d’abord, leur vécu dans la discipline est important. C’est là qu’intervient Yohan, le gendre, qui navigue sur les catalogues du net en recherche des meilleures semences, fraîches ou en congélation. Le but, réunir ce qui il y a de mieux dans la génétique des deux parents. « Obtenir des chevaux plus électriques, voire un brin rebelles. » Au pré, pas dans un box Les futures mères porteuses sont inséminées par des vétos spécialisés et bien sûr choyées pendant 11 mois le temps de la gestation. Les poulains sont allaités par les mères et les mâles castrés. Alors commencera le patient dressage. Une bête de concours est considérée comme adulte à 4 ans. Quatre à cinq poulains naissent ainsi aux Écuries du gonje. Cela représente un sacré cheptel à répartir sur plus de 60 hectares. « Tous nos chevaux et ceux que l’on nous confie ont leur enclos particulier. Ils sont au pré toute la journée et se désaltèrent avec l’eau de nos sources. » De fait, la structure accueille des chevaux extérieurs qui nécessitent d’être éduqués voir rééduqués. Des cavaliers également qui viennent se perfectionner la plupart du temps avec leur propre monture. Nombre des pensionnaires du Gonje assurent ou ont assuré sur les plus belles épreuves. Une fierté pour Michel Etien, cet éleveur atypique.

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