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Le Zénith d'Auvergne accueille les 26 et 27 février Le Cadre noir de Saumur, grande école d'équitation française

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Le Cadre noir a depuis longtemps quitté les hauts murs en pierres de taille des casernes du centre de Saumur. Héritier d’un passé militaire prestigieux, il perpétue aujourd’hui « au civil », au sein de l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE), sa mission de formation et de rayonnement de l’« Équitation de tradition française ». Il est l’ambassadeur de cette excellence, inscrite au Patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco en 2011.

Histoire d'un couple 

Sa mission se déploie sur deux grands espaces d’une grande quiétude (totalisant 300 hectares) dont celui de Terrefort, aux portes de la sous-préfecture du Maine-et-Loire. Imaginez : quatre grandes écuries, sept manèges et 18 carrières de dimensions olympiques, 50 kilomètres de pistes aménagées, une clinique vétérinaire, une maréchalerie, un amphithéâtre, une médiathèque…

La dénomination « Cadre noir » est une référence à la couleur des uniformes des premiers instructeurs (ces cadres) issus du "civil", qui portaient du noir dans une volonté de contraste avec les officiers en charge de l’enseignement militaire qui étaient en bleu.

Aussi impressionnant soit-il dans ses dimensions, le véritable trésor du Cadre noir est du domaine de l’imperceptible. C’est d’abord une étincelle dans le regard des 180 agents et 1.500 stagiaires accueillis chaque année, à chaque fois qu’ils croisent un des 330 chevaux de l’institut (et certainement tous les autres). Elle est le reflet plus que d’une passion. C’est avant tout - et nous touchons là presque au mystère du Cadre noir - la communication invisible qui doit s’instaurer dans le couple cheval/cavalier.

Les 26 et 27 février au Zénith d'Auvergne. Une telle excellence se partage. Le Cadre noir fait découvrir ses installations et son savoir au public à travers des présentations pédagogiques. Après une longue pause due à la pandémie, il quittera enfin ses murs de Terrefort pour contribuer au rayonnement de l’équitation de tradition française en présentant des galas, au carrefour de la tradition de la technique et de l’artistique. Deux seulement sont prévus chaque année. La première série (depuis deux ans?!) aura lieu au Zénith de Clermont-Ferrand, samedi 26 février à 20 heures et dimanche 27 février à 15?h?30. Ce spectacle conçu comme un voyage onirique le long de la Loire, retrace l’épopée du Cadre Noir en 17 tableaux. Illustrés par l’idée d’une journée intemporelle de l’aube au crépuscule, les tableaux s’enchaînent pour un spectacle magique, rare et donc précieux. Entre le travail de solistes et les grandes reprises des travaux collectifs en particulier avec les sauteurs montés ou sauteurs à la main, cette présentation est tout simplement unique au monde. Plus sur www.arachnee-concerts.com

Sobriété, discrétion

Les mieux placés pour évoquer ce fil sont les 35 écuyers en poste. Ils forment et perfectionnent les cadres supérieurs de l’équitation. Ils font la démonstration de ce savoir-faire et ce savoir-être en gala comme en compétition (en tant que compétiteur ou entraîneur). Ils participent enfin aux travaux de recherches et développement au sein du plateau technique saumurois. Travaux qui sont diffusés et mis à la disposition de toute la filière équine.

lls sont 35 écuyers, professeurs, toujours en noir : huit militaires, dont l’Écuyer en chef, mis à disposition du directeur de l’école par le Ministère de la Défense et 27 civils parmi lesquels des professeurs de Sport du Ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sport.

À leur tête, le Lieutenant-colonel Thibaut Vallette, 38ème Écuyer en chef du Cadre noir, en est le garant de l’éthique et de la doctrine. Pour atteindre ce poste, il « suffit », entre autres, d’être brillant cavalier de compétition dans l’une des trois disciplines olympiques… Thibaut Vallette a remporté avec Qing du Briot l’or olympique dans le concours complet (obstacles, saut, cross) à Rio, en 2016. « Ce qui caractérise l’Équitation de tradition française que défend donc le Cadre noir, c’est le respect, l’harmonie, la symbiose entre le cheval et le cavalier. C’est une relation qui est basée sur l’adhésion et la participation volontaire du cheval au travail. Cela suppose une sobriété, une discrétion dans l’emploi des aides, dans la façon de monter. On veut le moins possible exiger du cheval. »

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Bien-être animal sujet capital

Pour le Lieutenant-colonel, c’est là, « au-delà de la particularité, la fierté même de ce qu’on cherche à représenter ici. Quand le public assiste à nos démonstrations pédagogiques ou nos galas, si on fait bien notre travail, il ne verra pas ce qu’on demande aux chevaux. C’est juste rendre facile ce qui a nécessité des heures, des années de travail. » Si on veut se faire du cheval un ami, il faut de la compréhension, de la remise en question et de la patience. « Au Cadre noir, on n’a pas cette contrainte du temps et pas plus de contraintes commerciales. Nos chevaux ne sont pas élevés dans un but commercial, ils sont toujours orientés en fonction de leurs qualités et non des besoins rigides de l’institution. Nous ne sommes pas adeptes du résultat à tout prix mais nous voulons offrir au cheval la possibilité de grandir sereinement, de son plus jeune âge à sa retraite. Le bien-être animal n’est pas un fait français. C’est un sujet de société qui se développe partout aujourd’hui. Mais au Cadre noir, c’est une ligne de conduite qui a été transmise par nos grands maîtres et que nous maintiendrons. »

Un peu d’histoire. Au lendemain des guerres napoléoniennes, la cavalerie française est décimée. Dès 1815, pour reformer les troupes à cheval, une « école des Troupes à cheval » est créée à Saumur avec pour mission de former des instructeurs pour tous les corps de cavalerie. On y constitue un corps d’enseignants composé de quelques grands écuyers, civils, issus des Manèges de Versailles, des Tuileries ou de Saint-Germain. Au XXème siècle, entre la mécanisation et le développement des sports équestres, le Cadre noir évolue vers le sport tout en continuant à présenter ses reprises collectives de haute école. Il est finalement « confié » au Ministère chargé des Sports, ses écuyers en devenant le corps enseignant de l’Ecole nationale d’équitation créée en 1972. En 2010, l’Ecole nationale d’équitation fusionne avec les Haras nationaux pour devenir l‘Institut français du cheval et de l’équitation, établissement public placé sous la double tutelle des ministères chargés des sports et de l’agriculture

Pierre-Olivier Febvret

Photos Thierry Lindauer 

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