Rallye des gazelles : le pari fou de deux copines de Lacapelle-Barrès (Cantal)
Avec mon mari, on a acheté un Discovery au mois de septembre. Le genre de 4X4 qu’on voyait partout dans les Camel Trophy des années 80, 90. Au fil de la discussion avec Laëtitia, on en est arrivé à parler du rallye des gazelles. Et j’ai proposé qu’on y participe. Bon, ça a fait un flop…
Mais la proposition de Nathalie a germé, dans son esprit et dans celui de son amie. Et finalement elles se sont lancées dans ce pari complètement fou. Par goût de l’aventure.
DécouverteCar le sport automobile est une découverte pour elles. Et côté mécanique ? « Pour moi une voiture, c’est quatre roues avec un truc autour. Il parait qu’il y a un moteur aussi… » rigole Nathalie. Qui assume complètement son inconscience : « C’est peut-être la crise de la cinquantaine, en tout cas, c’est fou, oui. » D’autant que les deux amies se lancent dans ce rallye qui est une course d’orientation… sans en avoir le sens.
« C’est pour ça qu’on a appelé notre association “l’autre gauche”. Car quand on nous dit “à gauche”, on se trompe tout le temps, et on nous dit “non, l’autre gauche”. Dans la voiture, on mettra deux pancartes : gauche et droite. »
TravailDans ces conditions, difficile d’être prêtes pour la prochaine édition de l’épreuve 100 % féminine. Elles visent plutôt l’année suivante, 2022. « Et il nous fera bien tout ce temps pour se mettre au niveau. »
Car désormais, elles sont sérieuses. « On a trouvé un mécanicien qui nous préparera la voiture, mais qui va aussi nous donner des cours. » Et pour la conduite, la boulangère Laëtitia ne va pas se contenter de mettre à profit ses tournées dans le Pierrefortais.
« On va participer à un stage au Maroc. Parce que je ne pense pas que la conduite sur le sable soit la même que sur notre neige ! »
Voir cette publication sur Instagram BudgetEt puis, il leur faudra bien une bonne année pour financer le projet. Car entre les droits d’inscription, le travail sur la voiture, le voyage jusqu’au Maroc, les assurances… c’est un budget prévisionnel de 33.000 € qu’il leur faudra trouver.
« À moins qu’on accueille un gros donateur ou gagne au loto, il va nous falloir fédérer pour le boucler, reprend Nathalie. Mais c’est aussi le but de notre démarche : on veut rassembler notre pays, l’animer en organisant de l’événementiel dès qu’on le pourra. Et on portera fièrement les couleurs de Lacapelle-Barrès, mais aussi du Cantal, et peut-être un peu du Nord Aveyron, lors du rallye. Comme celles de toutes les entreprises qui pourront nous soutenir. »
SoutienCe travail de démarchage, elles ne l’ont pas encore commencé. Mais déjà, leur entreprise est soutenue. « Depuis qu’on a commencé à en parler, plein de gens nous ont proposé un coup de main, c’est super sympa. On a découvert qu’il y avait pas mal d’anciens pilotes de rallyes dans le coin, d’ailleurs ! » Et le délire de copines de devenir bien sérieux.
Au point que Laëtitia l’annonce : « on y va pour gagner ! » « Ah bon, m… ! rigole Nathalie. Disons qu’on y va pour finir, pour profiter de la soirée de clôture, sans casse. » D’ici là, de nombreux efforts, et autant de parties de rigolade, les attendent.
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Yann Bayssat

