L'art du ruck selon Saïd Hirèche, le capitaine du CA Brive
Il est la plupart du temps le premier joueur briviste sur les zones de rucks, qu’ils soient offensifs ou défensifs. Et le premier gratteur de ballons du CAB avec pas moins de 16 munitions chapardées aux adversaires depuis le début de saison. Saïd Hirèche est l’un des meilleurs joueurs de Top 14 dans les points de rencontre au sol. Un secteur de jeu qu’il affectionne tout particulièrement. Il est avantagé par sa taille
Saïd Hirèche n’aime pas se mettre en avant. Quand on lui présente son total de ballons grattés cette saison, il préfère… cadrer et déborder. « Le plus important, c’est que cela soit bénéfique à l’équipe. Que ce soit moi ou un autre, c’est pareil. » Il faut le pousser un peu pour qu’il admette avoir des dispositions naturelles pour ce secteur de jeu. « J’ai peut-être un avantage de taille, dans le sens où je suis plutôt petit. Beaucoup de talonneurs, comme Chat, comme Marchand, sont de bons gratteurs. Quand on est petit et trapu, on enfile plus facilement ce rôle. Un joueur de 2 mètres est peut-être moins réactif et plus facile à déblayer pour la défense adversaire. »
Il travaille ça depuis toujours Il travaille ça depuis toujours. « J’ai toujours aimé les rucks. C’était déjà le cas à Aurillac ou au Stade Français. Et encore ici, à Brive. Je suis entre guillemets dans le rôle du plaqueur-gratteur. Je me focalise là-dessus. On est tous complémentaires au niveau de la troisième ligne. Chacun a sa spécialité. Les entraîneurs composent la ligne en fonction du rôle de chacun. »
Le ruck, c'est tout une organisation Le ruck, c’est toute une organisation. Si pour le profane un ruck peut ressembler à un simple amas de joueurs, c’est en réalité quelque chose de très organisé. « On travaille beaucoup avec Jeremy (Davidson) et James (Coughlan) sur les attitudes. Des ateliers sont mis en place aux entraînements afin que l’on ne se mette pas à la faute en match. On travaille dans une cage, sous un filet, de manière à ce que l’on ait la bonne hauteur de nettoyage. Si tu es trop haut, tu prends le filet dans la tête et ce n’est pas agréable. »Le capitaine briviste est le cabiste le plus présent sur les zones de rucks, qu'ils soient offensifs ou défensifs
Une remise en question régulière Une remise en question régulière. Avec les règlements qui changent tous les ans ou presque sur ce secteur de jeu, Saïd Hirèche admet que « c’est parfois un peu compliqué en debut de saison. C’est une zone où il se passe beaucoup de choses, rapidement, si bien que c’est compliqué à arbitrer. Il faut juste s’adapter. À chaque fois, c’est une remise en question et de nouvelles manières de travailler. »Le capitaine briviste est le cabiste le plus présent sur les zones de rucks, qu'ils soient offensifs ou défensifs Un secteur de jeu primordial...
Un secteur de jeu décisif. « Des rucks, il y en a, je pense, plus de 150 dans un match, à vérifier. Si on est performant dans le ruck offensif, on peut enchaîner. Si on est bon dans le défensif, on perturbe l’adversaire. Le ruck, c’est ce qui permet d’imposer son jeu ou pas. Cela demande beaucoup d’envie et aussi beaucoup de travail technique. » ....qui demande une analyse permanente
Une analyse permanente de la situation. « Est-ce que le soutien est proche? Est-ce que notre ligne défensive permet qu’un joueur supplémentaire aille gratter le ballon? Il y a plein de choses à analyser à chaque fois. Notamment de voir qui il y a autour de toi, des avants, ou des trois-quarts qui sont moins habitués à aller soutenir et nettoyer. Si on gagne le plaquage, c’est mieux d’aller gagner le ballon en poussant dans l’axe qu’en grattant avec le risque de tomber au sol et de se mettre à la faute. C’est le plaqueur ou l’assistant plaqueur qui prend la décision en fonction. »
Pascal Goumy

