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À Thiers (Puy-de-Dôme), Eden Park et Ovalie créent un couteau à partir des poteaux du stade de rugby d'Auckland

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À Thiers (Puy-de-Dôme), Eden Park et Ovalie créent un couteau à partir des poteaux du stade de rugby d'Auckland

Amateurs de rugby et de coutellerie vont pouvoir franchir une étape supplémentaire dans leur passion en s’offrant un couteau (*) unique en son genre. La marque de textile Eden Park, et son président directeur général Franck Mesnel, ancien international de rugby, en étroite collaboration avec la marque auvergnate Ovalie, ont mis sur pied un projet fou : fabriquer un couteau à partir de l’acier des poteaux du stade Eden Park à Auckland, en Nouvelle-Zélande.

Deux poteaux de 800 kg chacun, hauts de 18 mètres

« En 2011, suite à un tremblement de terre qui a touché Christchurch, une vente aux enchères a été réalisée avec des pièces du stade, au profit des victimes », se souvient Franck Mesnel. Dans cette vente aux enchères, il y a les poteaux qui ont dominé le stade pendant 50 ans. Tout un symbole pour l’ancien demi-d’ouverture ou centre de l’équipe de France, né en 1961, comme ces mats d’acier lourds de 800 kg chacun et hauts de 18 mètres.

Le problème, c’est qu’il était impossible, depuis la France, de prendre part à cette vente aux enchères en ligne. J’ai alors appelé le coach de l’équipe d’Australie pour qu’il s’en occupe. Il avait un plafond de 8.000 €. 

Une semaine plus tard, les poteaux sont propriété de Franck Mesnel et de sa marque Eden Park. Tout reste alors à faire.

Les poteaux démontés par les All Blacks

Il aura fallu 33 jours de transport pour acheminer les fameux poteaux démontés par Grant Fox et Joe Stanley, tous les deux joueurs des All Blacks des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix et acheminés par les frères Whetton, eux aussi joueurs des All Blacks. Ce long périple a laissé le temps à Franck Mesnel et ses équipes de réfléchir à la transformation. Une partie est confiée à l’artiste belge Arné Quinze qui a réalisé une sculpture monumentale exposée à Artcurial sur les Champs Élysées puis au Centre national du rugby à Marcoussis. Une autre partie a été utilisée pour la création de trophées. Ils ont aussi servi à la Maison Poiray pour des montres. Et enfin, dernière création, et non des moindres pour la terre de rugby qu’est l’Auvergne : des couteaux. Et qui mieux que des Thiernois pour la réalisation?? La coutellerie Ovalie, jeune entreprise des associés Elvis Vermeulen, Pierre-Edouard Morin, Yannick Cartailler et Sylvain Crepet est aux manettes.

« Cela semblait intouchable »

« Collaborer avec une marque comme Eden Park pour notre jeune société auvergnate, cela semblait intouchable, inimaginable, confie Pierre-Edouard Morin. C’est une belle opportunité pour démontrer notre savoir-faire. »

Composition. Pourquoi ne pas avoir fabriqué la lame du couteau Eden Park à partir de l’acier des poteaux?? Tout simplement à cause de sa composition. « Ces poteaux ont très certainement été fabriqués à partir de ferraille de récupération des bateaux du port d’Auckland », imagine Franck Mesnel. Une composition non compatible avec la solidité et la qualité attendue pour une lame. « Nous avons utilisé un acier suédois de très haute qualité, du 14c28n. C’est vraiment du haut de gamme », assure Pierre-Edouard Morin.

Ovalie décroche un contrat de trois ans avec Eden Park, et les premiers couteaux issus d’une première série de 1.000 pièces, numérotées, ont déjà trouvé leurs premiers acheteurs. La fabrication des fournitures de ce couteau est réalisée par la société Actilam. Le bois est travaillé par la coutellerie Roger Orfèvre, et la dernière étape, celle de l’assemblage, est l’œuvre de la coutellerie le Thiernois.

Il y a une centaine d’étapes de fabrication. Tout est fait à Thiers, excepté le nœud papillon, composé au minimum à 10 % des poteaux, qui lui est réalisé par une fonderie en Bretagne. Il n’existe que deux entreprises en France capable de faire cela.

Ce travail, qualifié « d’artisanat de pointe » par Franck Mesnel, est un « savant mélange entre le luxe et les valeurs de partage qu’ont en commun le rugby et la coutellerie », conclut Pierre-Edouard Morin.

Et après

Ovalie ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et entend bien « transformer l’essai ». Après le couteau de poche, une collection de couteaux de table est en préparation, incrustés aussi d’un nœud papillon à partir des poteaux d’Auckland. Eden Park a aussi d’autres projets, comme des lunettes avec Grasset.

Sarah Douvizy

(*) En bois d’olivier le couteau est au prix de 199 € et celui en bois d’ébène est à 219 €.

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