Du rugby professionnel sous les couleurs de l'ASM et Aurillac à l'immobilier, Pierre Rude a réussi sa reconversion
La tête bien faite et sur les épaules, Pierre Rude l’a toujours eue. Formé à l’ASM Clermont durant ses jeunes années de joueur de rugby, c’est avec le maillot jaune et bleu que celui originaire de Saint-Bonnet-près-Riom (Puy-de-Dôme) a découvert le monde du rugby professionnel. Mais avec seulement trois matchs au compteur, c’est bien au Stade Aurillacois qu’il a vraiment fait ses armes avant de prendre une retraite sportive prématurée à seulement 26 ans.
Une retraite sportive à seulement 26 ans"Je n’ai absolument aucun regret, sourit le talonneur. Dans ce monde, les places sont chères et de ma génération, on est peu à avoir eu la chance de devenir pros. Moi, j’ai fait 60 matchs. C’est déjà bien. Et à mon avis beaucoup auraient aimé être à ma place. Mais le rugby professionnel, c'est vraiment un milieu compliqué. Si c’est à Aurillac en Pro D2 que j’ai fait ma carrière, c’est sûrement que je n’avais pas le niveau pour être ailleurs. C’est aussi simple que ça."
Victime "d’un gros coup à la tête en février dernier", Pierre Rude se dit alors que son avenir professionnel s’écrit peut-être en dehors des terrains de rugby. "J’ai eu la chance de faire des rencontres incroyables et de voir des choses que je n’aurais jamais pu voir sans le rugby, souligne-t-il. Mais j’ai toujours mené mes études de commerce en parallèle. Et en février, je me suis dit que je ne voulais plus construire ma vie autour d’un coup de chance… (Il se reprend) Ou plutôt de malchance."
CBF Conseils lui a mis le pied à l’étrierS’il songe pendant un moment continuer le rugby à Saint-Bonnet-près-Riom, c’est finalement à Issoire, en Fédérale 1, qu’il pose ses crampons. "C’est vraiment un club bonnard, apprécie-t-il. 90 % des mecs ont joué dans des clubs auvergnats et se battent pour porter haut les couleurs de ce rugby. C’est un vrai bonheur de jouer dans cette équipe même si pour l’instant les résultats ne sont pas à la hauteur de nos espérances."
Le rugby redevenu un loisir, Pierre Rude choisit de se lancer dans l’immobilier pour en faire son nouveau métier. "En fait, j’avais envie de faire des investissements dans l’immobilier et devenir marchand de biens, raconte-t-il. C’est avec cette idée que je suis venu à la rencontre de CBF Conseils à Châtel-Guyon à la fin de l’été. Mais rapidement, on a bien accroché. Et après deux semaines de réflexion, j’ai décidé de venir travailler avec eux comme ils me le proposaient."
Un pôle immobilier"Eux", ce sont Louis Combret, Gauthier Frère et Nicolas Barbin. Les trois hommes (prochainement rejoints par Grégory Fontana), tous déjà dans le monde de l’immobilier, se sont associés voilà un peu moins d’un an pour lancer un "pôle immobilier" installé entre le Brézet à Clermont-Ferrand et Châtel-Guyon (une agence ouvrira ses portes à Issoire dans les prochains mois).
"C’est ce qui m’a convaincu de les rejoindre, souligne Pierre Rude. Ici, j’apprends à tout faire. De la transaction à la construction en passant par la gestion, la location ou encore la rénovation. C’est un concept unique en France parce qu’on peut s’occuper d’un projet de A à Z grâce aux compétences de chacun qui sont complémentaires."
Formé et accompagné par ses pairsCette nouvelle équipe, le talonneur l’a rejoint depuis un peu plus de deux semaines. Le temps d’être formé par ses pairs et de prendre ses marques, il sera bientôt agent commercial en tant qu’autoentrepreneur et continuera de collaborer avec CBF Conseils.
"Ce qui me plaît aussi ici, c’est que ça fonctionne un peu comme une équipe de rugby, sourit-il. Il y a une notion de partage. Le mot d’ordre, c'est plus fédérer qu’individualisme. Depuis que je suis arrivé, tout le monde m’aide. J’ai été formé et je suis toujours accompagné pour continuer d’apprendre le métier. On ne m’a pas lâché dans la nature sans que je sois préparé. C’est vraiment très valorisant parce qu’ils m’ont tout de suite fait confiance."
Nourredine Regaieg

