Canale (ASM) : "Ce premier Bouclier a été un grand soulagement"
Que retenez-vous de ce Brennus 2010 ?Un grand soulagement ! Je suis arrivé à l’ASM en 2005. J’avais donc connu les finales perdues de 2007, 2008 et 2009. C’était un poids très lourd à porter et cette victoire a vraiment été la fin des tensions ! Je retiens également une belle période vécue avec l’ensemble d’un groupe. La plupart d’entre nous avions d’ailleurs traversé ces trois échecs d’affilée.
Dans quel état d’esprit étiez-vous avant cette finale ? Quand on prend des coups durs dans la vie, on s’en souvient. 2007, 2008 et 2009 étaient bien inscrits dans ma tête. Je ressentais donc une certaine peur mais d’un autre côté, nous nous sentions solides. Nous avions réussi à gagner contre Toulon en demi-finale dans un contexte très compliqué… Mais oui, j’avais peur. J’avais aussi conscience de l’attente qu’il y avait autour de ce bouclier. Cela donnait beaucoup de pression.
Qu'aviez-vous pensé de ce match contre Perpignan ? Une bonne gestion ! La finale de 2007 contre le Stade Français, nous la dominions mais nous n’avions pas su faire le nécessaire pour la gagner, nous n’avions pas su gérer la fin de cette rencontre. Contre Toulouse en 2008, il n’y avait pas eu photo, nous étions passés à côté. Et puis il y a eu Perpignan en 2009. Le match avait été très tendu et nous nous sommes inclinés une nouvelle fois. Mais ces trois saisons, à l’issue très dure, où nous avons avalé ces finales perdues, nous a permis d’engranger de l’expérience. Et elle nous a servi ce 29 mai 2010. Nous avons su maîtriser cette finale. Après, je ne garde pas beaucoup de souvenirs du match en lui-même, hormis les dernières minutes où l’on attendait avec impatience le coup de sifflet final. Par contre, je ne pourrai jamais oublier ce qui s’est passé ensuite…
"On se regardait entre nous et nous nous demandions ce que nous avions fait"
Racontez-nous…Quand je suis arrivé en 2005, je savais que c’était une ville de rugby, qu’il y a avait une passion extrême pour ce sport et pour notre club. Je me rappelle que nous étions déjà allés place de Jaude en fin de saison alors que nous avions perdu et je trouvais ça déjà fou que des milliers de personnes viennent nous voir. Alors en 2010… Plus on se rapprochait de la place de Jaude, plus il y avait de monde. On se regardait entre nous et on se demandait ce que nous avions fait. C’était les meilleurs moments de ma carrière. D’ailleurs les années que j’ai passées à l’ASM sont mes meilleures.
Quel a été votre parcours après votre départ du club en 2012 ?Déjà, le départ n’avait pas été facile car je suis resté sept ans à Clermont. Il n’y avait plus de place pour moi. Vern Cotter me l'avait expliqué. Il y avait Wesley (Fofana) qui montait, Roro était un leader incontestable… De plus, ils étaient tous les deux en équipe de France et moi en équipe d’Italie. Il aurait fallu que je quitte l’équipe d’Italie… Donc non. J’ai rejoint le Stade Rochelais qui avait un beau projet. Et puis je me suis blessé avec la sélection italienne en 2013 et je n’ai jamais réussi à revenir. Aujourd’hui, je vis à l’Ile de Ré. Entre-temps, nous avons vécu une parenthèse en Argentine où j’ai de la famille. Nous avons monté des affaires avec mon frère là-bas (des restaurants, des bars et une pizzeria). Toutefois, l’adaptation a été compliquée, donc nous sommes revenus ici. Je gère un peu ces établissements à distance et je prends soin de ma famille. Là, on envisage de rentrer en Italie pour retrouver mes parents et de mes beaux-parents.
Stéphanie MerzetFollow @Steph_Merzet

