À Limoges, l'événementiel sportif se relance avec de nouveaux projets après 2 ans de crise sanitaire
Pour Pascal Biojout qui dirige Sport plus conseil à Limoges, ces deux années ont été marquées par des contretemps mais aussi par de nouvelles opportunités. Rencontre.
Vous vous souvenez du moment où tout s’est arrêté ?
« C’était il y a deux ans, lors de la première édition de l’Open WTA 250 de Lyon qui avait lieu du 2 au 8 mars. Toute la semaine, l’épidémie avait progressé. Sofia Kenin l’Américaine joue sa balle de match, gagne vers 17 heures. Et vers 18 heures Édouard Philippe prend la parole en disant que la situation est grave… Le lendemain tout s’est arrêté. Nous avons été le dernier tournoi de tennis en France. C’est un miracle qu’il ait pu se dérouler. Le plus amusant c’est que je suis cette semaine de retour à Lyon où se déroule la troisième édition du tournoi WTA 250. Un tournoi qui se déroule au Palais des sports de Gerland qui rouvre avec nous. Il était devenu depuis deux ans un centre de vaccination. »
Comment avez-vous tenu ces deux dernières années ?
« Sans visibilité dans l’événementiel, ce n’est pas simple… Les événements que nous organisons demandent six à huit mois de préparation. Fin 2020, nous avions en octobre la finale du Trophée BNP Paribas de la famille qui devait commencer le 17 octobre. Nous avons annulé le 15. En novembre, nous avons annulé l’Open de tennis féminin de Limoges et le All star game qui étaient programmés en décembre. Ce n’est pas simple moralement pour les équipes qui s’impliquent avec passion dans ces projets mais nous avons eu la chance d’être aidés. »
Pascal Biojout, fondateur & dirigeant associé de Sport Plus Conseil et directeur des Open WTA Lyon & Limoges © Photo Stéphane Lefèvre
Comment ?
« En essayant d’anticiper, c’est-à-dire en avançant en crabe ! Après, nous avons fait comme toutes les entreprises. Nous avons pris un Prêt garanti par l’État que nous n’avons pas utilisé. Nous avons mis en place du chômage partiel et bénéficié du fonds de solidarité puisqu’à partir de décembre 2020, le secteur de l’événementiel a été éligible à ce fond. La fédération de tennis avait de son côté mis en place un Plan de Soutien et de Relance -PSR- pour accompagner les tournois. Tout cela nous a permis de tenir et de préparer l’avenir. »
Cela veut dire qu’il va y avoir du nouveau en 2022 ?
« Oui ! Nous allons par exemple organiser la première étape du WPT French Padel Open du 13 au 19 juin 2022 au palais des sports de Toulouse. Les droits appartiennent à l'agence T&T fondée par Teddy Riner et Tony Parker. Nous assurons la production exécutive de l’événement. Nous avons aussi un projet intéressant de raid outdoor féminin dans les Alpes qui va voir le jour. Et puis, toujours avec Tony Parker, nous allons lancer ce qui va ressembler à la nouvelle star du basket. Cette année nous allons faire étape dans quatre villes en France. Nous allons commencer le 13 avril à Nantes. Le principe est de demander à des jeunes de 15 à 18 ans, d’envoyer leur CV scolaire et de basket et de participer à une journée de casting. La finale se déroulera à Lyon. Les gagnants pourront décrocher une bourse d’études à l’Adéquat academy de Tony Parker à Lyon. C’est un très beau concept et il se pourrait même que Limoges soit une étape du circuit 2023… »
Sport plus conseil va aussi retrouver ses partenaires pour ses événements “historiques”…
« Oui bien sûr. Nous avons des partenaires fidèles et nous sommes très confiants pour la suite. En basket pour le All star game qui conjugue le meilleur du basket français à des animations exceptionnelles et inédites, dans un environnement entièrement dédié au show, nous sommes repartis jusqu’en 2024. Avec la Fédération française de handball, nous sommes présents sur tous les matchs de l’équipe de France masculine et féminine et nous sommes aussi repartis jusqu’en 2024. Nous avons signé jusqu’en 2026 avec le Trophée BNP Paribas de la famille en tennis sur le trophée de la famille…
Le Limoges handball a fait de son événementiel une forceAu Limoges handball, l’événementiel est monté en puissance depuis 2015, date de la montée en D2.
En quelques années le handball a bien changé à Limoges. © Photo Thomas Jouhannaud« Cette année-là, nous sommes passés de 8 à 300 partenaires se souvient Gatien Cantin, directeur opérationnel du LH. Le budget a été multiplié par dix pour atteindre cette année 4,3 millions d’euros. La particularité du club, c’est de n’avoir que 15 % de subventions. Tout le reste provient du privé et de nos activités. »
Des activités que le club a fait évoluer ces dernières années. « En 2017 nous avons commencé à jouer au zénith, à faire autre chose que du hand en proposant une partie culturelle et événementielle. Après Tal en 2017 et Black M en 2018, nous avions prévu de faire venir Bob Sinclar et Amir au mois de décembre. Mais il y a eu le Covid… »
un showcase à l'issue de la rencontre entre Le 20 décembre 2018, Black M proposait un showcase à l'issue du match LH87-Nice © Photo Stéphane LefèvreA chaque match, plus de 1.000 personnes fréquentent les différents salons VIP du club, accessibles avec différents budgets, du plus modeste ou plus élevé. C’est le club en France qui réunit le plus d’invités après les matchs. Cette année, l’équipe, qui emploie dix personnes sur les volets marketing, communication et événementiel, va engager un nouveau projet sur trois ans.
L’idée ? Accéder aux places européennes. Condition : être dans le top 5 Français. « Nous sommes un club jeune, nous avons notre histoire à écrire », confie Gatien Cantin, qui voudrait sur les parties business, événementielle, formation, solidaire « aller plus loin quantitativement et qualitativement ».
Le LH, qui a intégré cette année les filles de l’ASPTT, devient le club avec le plus de licenciés handball en Nouvelle-Aquitaine, ce qui ouvre aussi de nouvelles perspectives avec d’autres sports individuels ou collectifs. « En toute humilité, assure Gatien Cantin. Car le sport professionnel c’est très ingrat. S’il n’y a pas de résultat, pas de victoire, ça ne fonctionne pas… »
Anne-Sophie Pédegert

