Arrêt des championnats : quelles conséquences pour les clubs auvergnats ?
HBCAM 63 (D2/Play-off, 8e)
Christophe Da Silva (manager). « Au vu de la situation sanitaire, c’était le meilleur choix à faire, puisqu’on ne sait pas le temps que durera la crise. C’était compliqué de se dire qu’on allait redémarrer dans un mois. Même si les filles s’entretiennent chez elles, la charge physique n’est pas la même que si elles s’entraînaient avec le club. Il aurait été difficile de les remettre à la compétition du jour au lendemain. Nous, on n’est pas impacté (par l’arrêt des championnats). Notre D2 est maintenue (le HBCAM finit 8e des play-offs, ndlr). Notre NF2 aussi, au vu du classement (la réserve du HBCAM est 9e sur 12, ndlr), alors qu’on ne sait pas ce qui se serait passé en fin de saison. On est dans une situation confortable, on n’a donc pas à se plaindre. Sportivement, ça ne change pas grand-chose, mais ça nous coupe dans notre élan au niveau du développement du club. Être en play-off dès la première année de D2, c’était une super expérience. On ne l’a vécue que sur deux journées. En allant jusqu’au bout, on aurait pu continuer à s’améliorer dans tous les secteurs, en vue de la saison prochaine. Là, tous nos projets de développement, surtout sur le plan financier, sont en stand-by. C’est un gros problème. »
Blanzat sport montluçon (NF1, 7e)Didier Braud (président). « Dès le départ, on a bien senti que ça allait être compliqué de faire reprendre les compétitions, avec toute la phase de remise en route, toute la préparation physique. Et faire des saisons à rallonge… Au sein des clubs amateurs, avec les vacances d’été, côté bénévoles, c’était compliqué aussi de prolonger le championnat trop longtemps. Après, si j’ai bien lu les statuts, figer les classements, c’était dans le règlement. Même si, objectivement, pour nous, c’est un peu délicat de juger puisque notre équipe de N1 n’était pas directement concernée : elle était 7e et s’il n’était pas complètement acté, il y avait quand même de grandes chances que le maintien soit assuré. On avait plusieurs jokers pour ça dont le match à Bordes (10e et antépénultième) du 7 mars, qui ne s’est pas joué. On compte donc un match en retard (comme Bordes, Nantes et Lanester, ndlr). Pour moi, ça ne servirait à rien de le faire disputer, même pour Bordes, car j’ai cru comprendre qu’ils allaient réduire le nombre de descentes. Mais peut-être que dans d’autres poules, ils vont devoir faire des matchs de barrage… Pour la suite, je suis un peu dans l’expectative : le club est en cessation temporaire d’activité alors qu’on était sur une belle dynamique côté partenaires et supporters, la halle des sports était pleine, on développait des choses… Là tout est arrêté et j’ai du mal à me projeter : on ne va pas repartir d’une page blanche mais je me dis qu’au redémarrage, il y aura énormément de choses à faire en même temps. Et comment relancer tout ça ? »
HC Cournon (NM2, 3e)Nebojsa Loncarevic (entraîneur). « C’est dommage d’être privé de la suite du championnat, mais je trouve cette décision tout à fait normale. Comment ne pas arrêter le championnat alors qu’il y a des morts chaque jour ? La santé est bien plus primordiale que le sport. Pour nous, ça ne change rien. On n’est pas concerné par les montées et descentes. On pouvait finir 3e ou 4e, à mon avis (Cournon était 3e après 14 journées sur 22, ndlr). Vesoul mériterait de monter, parce qu’il a toujours été leader. Nous, on a fait une saison encourageante. On a montré qu’on était capable d’assumer des ambitions. Il est encore trop tôt pour dire à quoi ressemblera l’intersaison. Si les interdictions de s’entraîner sont levées fin mai, on n’aura pas le droit de se mettre tout de suite au repos. L’idée, ce sera de regrouper l’équipe, même s’il n’y a plus de championnat, de s’entraîner et éventuellement d’organiser des matchs amicaux. Cela nous permettrait d’arriver à la trêve d’été en retrouvant à la fois de la forme physique et de la cohésion. C’est sûr, on va être obligé de changer notre programmation, de sortir de nos habitudes qui consistaient à se reposer entre mi-juin et fin juillet. »
Saint-flour HB (NM1, 12e ; NF2, 1re)Bernard Colle et Christian Gibelin (coprésidents du Handball Saint-Flour HB). « Nous pensons que c’est une sage décision, elle est assurément la moins pire des solutions. Le fait de tenir compte des compétitions qui en étaient arrivées aux trois quarts de la saison nous semble assez juste. Cela va malgré tout entraîner bien des complications pour les clubs. Au niveau sportif, les accessions et relégations feront l’objet d’un communiqué de la Fédération. Logiquement, notre équipe féminine, première à l’heure actuelle, va monter en Nationale 1. Et nos garçons, derniers en N1, devraient descendre en N2. On se dirige vers ce scénario, Et ce même si la fédération s’est dite prête à étudier les cas litigieux et les réclamations. En ce qui nous concerne, l’expérience nous montre que pour un club comme nous, au niveau amateur, la N1 pour les filles et la N2 chez les garçons sont des sommets. Alors, nous n’allons pas nous plaindre avec cette si belle performance signée par nos féminines. Côté club, le partenariat privé va être notre première préoccupation. Au Saint-Flour HB, il représente un bon tiers de notre budget. »
HC Volcans (NM3, 2e)Mathieu Bonnal (entraîneur). « La santé est bien plus importante dans la vie que le sport et c’est plus sage d’arrêter là. Au niveau sportif, on a toujours une pointe de déception, car on était bien parti et on était invaincu depuis le mois de novembre. On avait gagné en régularité et on avait repris le goal-average particulier sur Pau (le leader avec un match joué en plus, à la lutte avec le HCV et Irisartarrak pour la montée, ndlr). Ceci dit, on comprend que le sort des clubs n’était pas la priorité du moment. On est actuellement parmi les meilleurs deuxièmes de N3 et on suivra avec attention et respect les décisions que prendra la Fédération. »

