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Mon souvenir de l'année 2019 : le 21 mars

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21 mars 2019, le jour du printemps du handball auvergnat. Depuis des années, la Fédération française de handball a pris la très bonne habitude d’envoyer une de ses sélections à Clermont-Ferrand dans la foulée d’un grand succès sportif. Après une visite en 2008 auréolée d’or olympique, puis deux autres en 2015 et 2017 coiffées d’une couronne mondiale toute neuve pour les garçons, c’est cette fois l’équipe de France féminine de handball qui s’est déplacée en Auvergne pour sa première sortie depuis son titre continental, conquis en décembre. Une consécration européenne, à Bercy, fin 2018 venue renforcer un statut de championne du monde en titre.

C’est dire si le public de la Maison des sports _ dont je faisais partie, pour une de ces soirées mêlant travail et plaisir que l’on traverse parfois, dans notre métier, avec le sentiment de vivre un moment privilégié _ était gâté par la réception de cette étape de la Golden League voyant les Bleues défier la Roumanie, et en guise d’apéritif la Norvège affronter le Danemark. Des Norvégiennes qui s’offriront ce tournoi grâce au talent de sa star Stine Oftedal.

Une belle fête

4.600 spectateurs, en chœur et à l’unisson, ont donc célébré les filles d’Olivier Krumbholz qui, pour rendre la pareille, ont effectué une prestation des plus appliquée face à la Roumanie. Sérieuses, rigoureuses et exigeantes en dépit des absences (Darleux, Dembélé, Leynaud…), elles ont été à la hauteur de leur statut grâce à une énorme première période de Laura Glauser (7 arrêts dont 4 penaltys), qui s’est ensuite effacée d'elle-même au profit de la néophyte Roxanne Frank, pour ses grands débuts. J’ai aussi retenu de ce soir-là le culot de la jeune Méline Nocandy, 21 ans et 3 buts au compteur, et la réussite de Manon Houette (9 buts) pour un succès net et sans bavure (28-18), malgré la blessure dès le début de partie de Camille Ayglon-Saurina, obligeant le coach à redessiner sa défense pour limiter l’impact de l’immense (1,92 m) Crina Elena Pintea.

Une attitude de « winneuses » résumée avec le sourire par Allison Pineau, à l’issue de la rencontre : « Nous sommes heureuses de nous retrouver (trois mois après le titre européen), de jouer ce premier match et de le fêter avec notre public. C’est tellement rapide, après une finale, que l’on n’a pas le temps de savourer avec les gens qui nous ont soutenus. On a un coach qui ne rigole pas et qui ne relâche jamais la pression dans le travail. On cherche toujours à faire mieux, même après les titres, mais ce ne sera jamais facile parce que les autres veulent nous faire déjouer ».

En toute franchise, j’aurais alors parié gros sur un Mondial 2019 réussi. Mais les héroïnes de mars furent à la peine en décembre. Si souriante au printemps, Laura Glauser a un genou dans la boîte à gant depuis la rentrée. Cléopâtre Darleux pouponne, comme Siraba Dembélé. Camille Ayglon-Saurina est dans le creux de la vague, tandis que les autres cadres de cette équipe, à l’image d’Alexandre Lacrabère, Estelle Nze Minko ou Allison Pineau, n'ont pas su influer sur le collectif.

Neuf mois plus tard, le Danemark, battu à Clermont par la Norvège, a éliminé la France au Japon. Pour la première fois depuis l’Allemagne de l’Est en 1973, les championnes du monde ont été déchues dès le premier tour. Et nous, déçus. Les déclarations d’avant-compétition, davantage tournées vers les Jeux de Tokyo que vers ce Mondial nippon (avant une sévère mise au point du sélectionneur), avaient bien laissé entendre que ce tournoi n’avait aux yeux de beaucoup qu’une vertu préparatoire. Cela s’est confirmé, avec une défaite face à la Corée du Sud et un nul contre le Brésil en guise d'entrées. Il reste aujourd’hui huit mois aux Bleues pour prouver aux supporters, et au monde, que ce n’était qu’un accident de parcours.

 

Sébastien Devaur

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