Yacine Adli fait volte-face, les Algériens en colère
Il y a des déclarations qu’on ne rattrape pas facilement. En 2022, Yacine Adli avait été interrogé sur son choix entre la France et l’Algérie. Sa réponse avait fait l’effet d’une gifle dans l’opinion algérienne : il voulait jouer « au plus haut niveau », sous-entendu avec les Bleus, et avait même assumé que si la France ne l’appelait pas, il ne se retournerait pas vers les Fennecs. Le destin en a décidé autrement. Aujourd’hui à Al-Shabab au Qatar après un passage à l’AC Milan qui n’a pas tenu ses promesses, Adli revient sur ses mots. Et l’Algérie ne l’accueille pas les bras ouverts.
Le rétropédalage d’Adli
Dans un entretien accordé à Sport Team, Adli a reconnu sa faute sans détour : « Dire que je voulais jouer au plus haut niveau est la plus grande erreur que j’ai faite. » Il évoque également un échange récent avec Vladimir Petkovic, son ancien entraîneur aux Girondins de Bordeaux : « J’ai eu récemment un appel anodin avec lui, j’étais sincère. » Et pour enfoncer le clou de la réconciliation, il rappelle ses racines : « Toutes mes joies d’enfance étaient liées à l’équipe nationale algérienne. » Des mots sincères, peut-être. Mais qui arrivent avec quelques années de retard, et surtout après que la carrière a pris une direction qu’il n’avait pas anticipée.
C’est là que le bât blesse. Adli ne revient pas vers l’Algérie depuis une position de force, depuis les sommets de la Serie A ou d’une grande Ligue européenne. Il revient depuis le Qatar, après une trajectoire qui ne s’est pas confirmée à Milan. Les supporters algériens ne sont pas dupes, et la mémoire collective ne fonctionne pas au cas par cas. Beaucoup de binationaux ont regretté leur choix initial et ont été bien accueillis par le peuple algérien. Mais aucun d’eux n’avait fermé la porte aussi explicitement, avec une telle arrogance de ton, avant de la rouvrir une fois les options européennes épuisées.
Une convocation qui risque de couter cher
Si Petkovic venait à le convoquer pour le Mondial 2026, la vie d’Adli avec la sélection ne serait pas de tout repos. Les supporters algériens sont passionnés, exigeants, et ils sanctionnent aussi bien dans les tribunes que sur les réseaux. Un joueur qui arrive avec ce bagage-là devra produire des performances exceptionnelles pour espérer être pardonné. Et encore. On peut légitimement se demander si cette convocation serait une bonne idée pour lui, pour le groupe, et pour la sérénité de l’équipe à deux mois du choc contre l’Argentine.
Tout le monde peut se tromper, changer d’avis, grandir. Adli a au moins eu le courage de reconnaître son erreur publiquement. Mais entre la reconnaissance et le pardon, il y a un chemin que les Algériens ne sont pas obligés de raccourcir pour lui.

