« Cherki, ce n’est pas Zidane ! »
Il a été l’un des grands artisans de la victoire de l’équipe de France face à la Colombie (3-1). Titularisé comme meneur de jeu, il a régalé le public de ses dribbles, de sa vision du jeu et de son implication sur les trois buts des Bleus. Une prestation de haut vol qui a confirmé son statut de grand espoir du football français et de candidat crédible à une place pour la Coupe du Monde. Pourtant, au milieu du concert de louanges, une voix dissonante, et pas n’importe laquelle, est venue jeter un froid et remettre les choses en perspective.
« Vous nous le présentez comme si c’était Zizou ! »
Cette voix, c’est celle de Christophe Dugarry. Sur les ondes de RMC, l’ancien international français n’a pas mâché ses mots pour calmer l’euphorie ambiante. « C’est un très bon joueur, il n’y a aucun doute », a-t-il d’abord concédé, avant de lâcher sa bombe : « Il sera dans la rotation, mais rien de plus. Aujourd’hui, et de loin, il est en dessous d’Olise, de Dembélé, de Barcola, de Doué, d’Ekitike. Vous nous le présentez comme si c’était Zizou ! ».
La charge est violente. Elle vient rappeler que, malgré son talent, le joueur de Manchester City n’est pas encore un titulaire indiscutable en puissance. Son déchet, son inconstance et son attitude parfois « râleuse » sur le terrain sont autant de freins à son explosion au plus haut niveau. Samuel Umtiti, autre consultant, a d’ailleurs souligné ce point, estimant qu’il devait « être plus constant » et « faire plus d’efforts sans ballon » pour franchir un cap.
Un talent brut à polir
Le talent de Rayan Cherki ne fait aucun doute. Sa capacité à éliminer, à créer, à faire des différences, est unique. Mais la route vers le très haut niveau est encore longue. Il doit apprendre à canaliser sa frustration, à gommer son déchet et à se mettre au service du collectif. Son altercation avec Lucas Digne pour tirer un coup franc en est une nouvelle illustration.
Cette sortie du champion du monde 98 est une piqûre de rappel, aussi dure soit-elle. Elle vient rappeler que le talent ne suffit pas, et que pour devenir un grand, il faut plus qu’une poignée de gestes de classe. Cherki a tout pour y arriver, mais il doit encore polir son diamant. Et non, pour l’instant, ce n’est pas « Zizou ». Sur ce point, on ne peut qu’être d’accord avec « Duga ».

