La vidéo qui fait rire toute la Tunisie : Lamouchi en mode Shakespeare à l’entraînement
Sabri Lamouchi voulait marquer les esprits dès son arrivée à la tête de la sélection tunisienne. Il y est parvenu, mais pas tout à fait comme prévu. Des séquences vidéo de l’entraîneur français s’adressant à ses joueurs en anglais pendant les séances circulent depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux tunisiens. Résultat : les commentaires fusent, les blagues s’enchaînent, et la toile s’en donne à cœur joie. Parce que voir un coach francophone d’origine tunisienne haranguer des joueurs maghrébins dans la langue de Shakespeare, il fallait oser.
Lamouchi, un choix de langue qui interroge
La scène a de quoi surprendre. Lamouchi est français, ses joueurs sont tunisiens, et le français reste de loin la langue la plus parlée dans les vestiaires du football maghrébin. Très peu d’internationaux tunisiens pratiquent l’anglais couramment. Alors pourquoi ce choix ? Mauvaise habitude contractée lors de passages en club à l’étranger ? Volonté de moderniser l’image du staff ? Ou simple méconnaissance des codes locaux ? Aucune explication officielle n’a été donnée pour l’instant, ce qui laisse le champ libre à toutes les interprétations, et les Tunisiens ne s’en privent pas.
Le timing est particulièrement mal choisi. Depuis sa nomination en janvier dernier, Lamouchi peine à faire l’unanimité. Son passé de joueur international français, l’épisode de 1993 avec la sélection tunisienne, ses déclarations cash sur l’absence de joueur comparable à Tarek Dhiab ou sa critique de la Ligue 1 locale ont alimenté une défiance tenace chez une partie des supporters et des médias. Dans ce climat, parler anglais à l’entraînement donne l’impression d’un homme déconnecté des réalités du football tunisien, à contre-courant d’un public qui scrute le moindre faux pas.
La méthode paye quand même
Malgré la cacophonie linguistique, la Tunisie a gagné. La nuit dernière à Toronto, les Aigles de Carthage ont battu Haïti 1-0 grâce à un but de Sebastian Tounekti dès la 7e minute, pour le premier match amical de l’ère Lamouchi. Un succès étriqué, sur une opposition modeste, mais un succès tout de même. Mercredi, ce sera le Canada, adversaire autrement plus coriace. Et, pour le coup, Lamouchi pourra enfin se faire comprendre sans interprète… Mais auprès des joueurs adverses.
Le fond, c’est qu’un sélectionneur qui peine à communiquer avec ses propres joueurs aura du mal à imposer une identité de jeu. Lamouchi a promis discipline, énergie et fraîcheur. Encore faut-il que le message passe. En français, de préférence.

