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Ribéry, l’histoire méconnue de 2010

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Le 20 juin 2010 est une date qui donne encore des sueurs froides aux supporters de l’équipe de France. Ce jour-là, en pleine Coupe du monde en Afrique du Sud, le football tricolore a touché le fond. Empêtrés dans une phase de poules catastrophique et marqués par l’exclusion de Nicolas Anelka suite à ses insultes envers Raymond Domenech, les joueurs ont pris une décision effarante : faire grève. Le refus de descendre du bus pour s’entraîner à Knysna a provoqué un scandale mondial. Mais quelques heures avant cette mutinerie ubuesque, une autre scène, tout aussi surréaliste, s’est déroulée en direct à la télévision française.

Le coup de force de Ribéry

C’est ici que se niche l’histoire méconnue révélée récemment par David Astorga dans les colonnes de L’Équipe. Ce matin-là, l’émission Téléfoot était diffusée en direct depuis l’Afrique du Sud. Alors que l’équipe de l’émission gérait déjà une situation tendue, l’impensable s’est produit. Franck Ribéry, qui boudait la presse depuis le début du tournoi, a débarqué par surprise sur le plateau délocalisé. Vêtu d’un short et de claquettes-chaussettes, sans prévenir ni la FFF ni la chaîne, le vice-capitaine des Bleus s’est imposé pour livrer un discours censé éteindre l’incendie.

Cette intrusion totalement imprévue a provoqué un véritable chaos en régie. « Quand Franck débarque, tout le conducteur explose, l’émission déborde de dix minutes, c’est lunaire ! », se souvient David Astorga, seul aux commandes ce jour-là suite aux indisponibilités de Christian Jeanpierre et Denis Brogniart. À l’écran, la séquence est devenue culte. Au bord des larmes et dans un français parfois approximatif (évoquant notamment son coéquipier « Kourkuff »), Ribéry a demandé pardon aux Français, jurant que l’équipe allait se reprendre. Un mea culpa qui a fait exploser l’audience, avec un pic enregistré à 4,3 millions de téléspectateurs, fascinés par ce spectacle hors du commun.

Un naufrage médiatique fatal

Pourtant, malgré ce record d’audience qui marque encore la mémoire du présentateur (« Aujourd’hui encore, on ne me parle que de ça ! »), cette intervention s’est avérée être un véritable suicide médiatique pour le joueur bavarois. Quelques heures seulement après ce pardon télévisuel si théâtral, Ribéry et ses coéquipiers déclenchaient la fameuse grève du bus. Cette hypocrisie apparente, couplée à sa tenue de vacancier désinvolte, a définitivement scellé son image de caïd déconnecté de la réalité. Un fiasco total qui lui vaudra trois matchs de suspension de la part de la FFF et qui marquera une rupture irrémédiable avec le public français.

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