Domenech fracasse Endrick, la presse brésilienne lui répond
Le prodige brésilien traverse une véritable zone de turbulences entre Rhône et Saône. Arrivé en prêt du Real Madrid pour dynamiser l’attaque de l’Olympique Lyonnais, Endrick (19 ans) cristallise tous les débats. Si Daniel Riolo avait déjà fustigé son individualisme, c’est Raymond Domenech qui a lâché les coups les plus violents dimanche soir, après le match face au Havre. Sur le plateau de L’Équipe du Soir, l’ancien sélectionneur des Bleus a littéralement découpé la pépite auriverde, affirmant que l’attaquant « ne sert strictement à rien » dans le jeu rhodanien.
« Endrick, une catastrophe ! »
Pour justifier sa sentence, le consultant n’y est pas allé de main morte. Il a qualifié le rendement d’Endrick de « catastrophe », l’accusant de perdre « neuf ballons sur dix » par excès d’individualisme. Domenech a même rabaissé le récent but décisif du Brésilien en Ligue Europa contre le Celta Vigo, le réduisant à un simple « cadeau » du gardien adverse. Une sortie au vitriol qui, malgré le décalage horaire, a traversé l’Atlantique à la vitesse de l’éclair pour faire bondir le Brésil tout entier.
Lorsqu’on touche à l’un de leurs joyaux, les médias brésiliens sévissent immédiatement. L’édition locale du média Goal a vigoureusement pris la défense de son crack, dénonçant une critique « violente et gratuite » s’apparentant à une condamnation aveugle. Les journalistes sud-américains pointent du doigt l’aigreur d’un observateur qui occulte volontairement les statistiques solides du joueur (6 buts et 4 passes décisives en 11 matchs) et son adaptation réussie. Ils dénoncent l’impatience féroce de la France face à un gamin en plein apprentissage.
Endrick, au cœur de la tempête médiatique. Critiqué violemment par Raymond Domenech, le prodige brésilien voit la presse de son pays monter au créneau pour le défendre. Entre deux continents, le débat fait rage autour de l’attaquant lyonnais.
Domenech a un lourd passif avec le Brésil
Il faut dire que c’est un doux euphémisme d’affirmer que Raymond Domenech n’est pas en odeur de sainteté au pays du football roi. L’ex-technicien tricolore traîne une réputation désastreuse au Brésil depuis le fiasco de la Coupe du Monde 2010 au cours de laquelle il avait refusé, sous les yeux du monde entier, de serrer la main du sélectionneur sud-africain Carlos Alberto Parreira (légende brésilienne). Cette nouvelle sortie médiatique est donc perçue là-bas comme l’attaque d’un homme manquant cruellement de légitimité.
Face à cette tempête médiatique transatlantique, l’Olympique Lyonnais tente de faire bloc. L’entraîneur Paulo Fonseca a tenu à rappeler le jeune âge de son joueur (19 ans) et son immense marge de progression, appelant les observateurs à faire preuve de patience. Alors que l’OL reste sur une mauvaise dynamique, Endrick sait parfaitement que la meilleure façon de clouer le bec à ses détracteurs sera de laisser parler son talent sur le pré.

