PSG : malaise en interne, un joueur pointé du doigt par Luis Enrique
La soirée de Ligue des Champions face à Chelsea a été une fête pour le PSG. Une pluie de buts, un spectacle total, et un avantage de trois buts avant le match retour. Mais au-delà du score, c’est l’entrée en jeu d’un homme qui a marqué les esprits. Remplaçant au coup d’envoi, il a fait basculer la rencontre en moins de vingt minutes, inscrivant un doublé et rappelant à toute l’Europe qu’il était un joueur de classe mondiale. Un récital qui a fait oublier une réalité bien moins glorieuse, celle d’une mise à l’écart qui ne disait pas son nom, et qui trouve son origine dans les semaines qui ont précédé ce choc.
Une sanction déguisée, une réponse de champion
Car si Khvicha Kvaratskhelia était sur le banc mercredi soir, ce n’était pas un simple choix tactique de Luis Enrique. Selon les informations de L’Équipe, cette décision était une sanction, une réponse à des « prestations insuffisantes » en championnat qui avaient suscité « quelques reproches » en interne. Des critiques venues de certains dirigeants, mais aussi de coéquipiers, agacés par le différentiel de niveau entre le « Kvara » de la Ligue 1, parfois jugé dilettante, et celui de la Ligue des Champions, toujours transcendant.
Cette mise au banc pour le match le plus important de la saison a été un électrochoc. « Il a dû être touché de ne pas débuter », analyse Adel Chedli, l’adjoint du sélectionneur de la Géorgie. « C’est un joueur qui a du caractère et de l’amour-propre« . Et sa réponse a été à la hauteur de la vexation : une entrée tonitruante, une faim de ballons décuplée, et deux buts qui ont changé la face de la rencontre. Une manière de prouver à tout le monde, et surtout à son entraîneur, qu’il restait indispensable.
Kvara sur le banc, Kvara en fusion. Pour se venger d’avoir été mis au repos, le Géorgien a sorti son match le plus abouti. Moralité : si vous voulez qu’il explose, énervez-le
Le paradoxe Kvaratskhelia
Cet épisode met en lumière le paradoxe Kvaratskhelia. Un joueur capable de fulgurances géniales sur la plus grande scène européenne, mais qui peine parfois à trouver la même motivation face à des adversaires de Ligue 1 regroupés en défense. Un soliste de génie, à qui l’on reproche parfois de ne pas assez lever la tête, mais dont l’individualisme est aussi une arme fatale.
Son ami et ancien coéquipier Cyril Ngonge le décrit dans les colonnes du Parisien comme un « garçon de 25 ans qui s’amusait et prenait beaucoup de plaisir sur la pelouse ». Un plaisir qui, parfois, peut être interprété comme un manque d’implication. Mais face à Chelsea, le Géorgien a rappelé à tout le monde qu’il était avant tout un compétiteur. La sanction a été comprise, la réponse a été donnée. Et c’est tout le PSG qui en est sorti gagnant.

