OM : le choix de Tudor se retourne déjà contre lui
Le banc de l’OM était libre, le projet connu, le président prêt à lui redonner les clés. Pour Igor Tudor, fraîchement libéré par la Juventus, un retour à Marseille avait tout de l’évidence, du choix du cœur et de la raison. Mais le Croate, attiré par les sirènes de la Premier League, a choisi le défi, le prestige, le danger. Le 14 février dernier, il était nommé à la tête d’un Tottenham en pleine crise, avec pour mission de sauver le club de la relégation. Un mois plus tard, le bilan est catastrophique.
Trois matches, trois défaites, et déjà la crise
Le rêve anglais s’est transformé en cauchemar éveillé. Trois matches, trois défaites. Un 4-1 encaissé face à Arsenal, un 2-1 contre Fulham, un 1-3 à domicile face à Crystal Palace. Tottenham flirte dangereusement avec la zone rouge, et le « sauveur » Tudor est déjà sur un siège éjectable. Les supporters, qui quittent le stade avant même la mi-temps, découvrent avec effroi le personnage que Marseille a tant aimé détester, puis adoré : un coach cash, exigeant, qui ne mâche pas ses mots.
« Ce n’est pas un problème de formation. C’est un problème d’attitude, de personnalité, de vitesse et de capacité à gagner les duels », a-t-il lâché après la défaite contre Fulham, ciblant directement l’implication de ses joueurs. Un discours de vérité qui passait à Marseille, où le public aime la grinta, mais qui explose en plein vol dans un vestiaire londonien fragile et en perte de confiance. Ses méthodes d’entraînement, basées sur l’intensité physique et les courses sans ballon, ne passent plus.
« Le plus grand défi de ma carrière »
Conscient de la situation, le Croate a lui-même admis que la tâche était « plus dure que prévu », parlant du « plus grand défi de sa carrière ». Face à la presse, il refuse désormais de commenter son avenir et coupe court aux questions sur la pression. Moins d’un mois après son arrivée, celui qui se disait « 100% certain » de maintenir le club en Premier League est déjà menacé de licenciement.
L’ironie de la situation est cruelle, et elle doit faire sourire, un peu amèrement, du côté de la Canebière. Pendant qu’Igor Tudor se débat dans le bourbier londonien, l’OM aurait pu le récupérer, lui qui connaissait la maison et qui avait laissé le souvenir d’un football spectaculaire. Le Croate a fait son choix. Reste à savoir s’il aura le temps de le regretter.

