Maroc : La main tendue du nouveau sélectionneur à Brahim Diaz
Son nom est devenu le symbole d’un rêve brisé. En ratant sa panenka en finale de la CAN face au Sénégal, Brahim Diaz n’a pas seulement manqué un penalty. Il a privé tout un pays d’un titre attendu depuis 50 ans, déclenchant une vague de colère et de tristesse qui a failli emporter sa carrière internationale. Le vestiaire s’est fracturé, les supporters l’ont conspué, et son avenir en sélection s’est brutalement assombri. Le départ de Walid Regragui, qui l’avait toujours soutenu, n’a fait qu’ajouter à l’incertitude.
« C’est le niveau qui comptera »
Mais la nomination d’un nouveau sélectionneur, Mohamed Ouahbi, pourrait bien tout changer. Lors de sa première conférence de presse, l’ancien champion du monde U19 n’a pas directement évoqué le cas de l’attaquant du Real Madrid. Mais une petite phrase, lâchée au détour d’une question sur la composition de son futur groupe, a sonné comme une main tendue, un indice lourd de sens. « Je ne ferai aucune différence entre un gamin de 19 ans et un gars de 34 ans. C’est le niveau qui comptera », a-t-il martelé, avant d’insister : « la performance sera super importante ainsi que l’analyse ».
Entre les lignes, le message est clair. Pour le nouveau patron des Lions de l’Atlas, l’âge, le statut ou le passé ne compteront pas. Seul le terrain parlera. C’est une philosophie basée sur la méritocratie, une remise à zéro des compteurs qui pourrait offrir une porte de sortie inespérée à Brahim Diaz. S’il retrouve son meilleur niveau en club, il aura sa chance, comme n’importe quel autre joueur.
La balle est dans le camp de Diaz
Car il ne faut pas l’oublier : avant ce penalty maudit, le joueur du Real Madrid avait été le meilleur buteur et l’un des meilleurs joueurs de la compétition. Son talent est immense, et une sélection marocaine en pleine reconstruction ne peut pas se permettre de s’en priver sur le long terme. Le nouveau sélectionneur l’a bien compris. En posant ce principe de « performance » comme unique critère de sélection, il dédramatise l’affaire et ouvre la voie à une réconciliation.
La balle est désormais dans le camp de Brahim Diaz. Son avenir avec les vice-champions d’Afrique, qui semblait si compromis, ne dépend plus que de lui. Il doit surmonter le traumatisme, retrouver la confiance et enchaîner les performances avec les Merengue. S’il y parvient, la porte de la sélection, qui s’était brutalement refermée, pourrait bien se rouvrir plus vite que prévu.

