Brahim Diaz moqué par Panenka lui-même
Ce devait être le point d’orgue d’une compétition qu’il avait survolée de son talent. La balle de match, au bout du temps additionnel, pour offrir au Maroc un titre continental attendu depuis cinquante ans. Un penalty pour entrer dans la légende. Brahim Diaz a choisi l’audace, la folie, la « panenka ». Un geste qui, lorsqu’il est réussi, vous fait entrer au panthéon. Et qui, lorsqu’il est raté, vous envoie au purgatoire. Pour le joueur du Real Madrid, la chute a été brutale.
« Brahim Diaz n’avait pas assez travaillé son geste »
Son tir, flottant et sans conviction, a terminé sa course dans les bras d’Édouard Mendy, le gardien sénégalais, qui n’en demandait pas tant. Un raté monumental qui a fait basculer la finale et a transformé le héros en paria. Sifflé par son propre public, en larmes sur le podium, le meneur de jeu marocain a vécu un véritable cauchemar. Et comme si l’humiliation n’était pas assez grande, l’inventeur du geste lui-même est venu en rajouter une couche.
Interrogé sur la radio espagnole El Larguero, Antonin Panenka, l’homme qui a donné son nom à ce geste mythique en 1976, n’a pas été tendre avec son « disciple » d’un soir. « J’ai regardé la finale de la CAN et je suis convaincu que le joueur, Brahim, n’avait pas travaillé son geste aussi minutieusement qu’il aurait dû le faire », a-t-il analysé, froidement. « L’idée lui est venue sur le moment et il a essayé. C’est pour ça, je pense, qu’il n’a pas marqué ».
Une leçon d’humilité
La critique est cinglante. Panenka, lui, a mis deux ans « à s’entraîner chaque jour » pour perfectionner son geste avant de le tenter en finale de l’Euro. Il y voit la différence fondamentale entre une inspiration géniale et une improvisation hasardeuse. « Dans une finale de Championnat d’Europe, on ne pense pas à se moquer de l’adversaire. J’ai pensé que c’était la meilleure façon de marquer », a-t-il rappelé, comme pour souligner le manque de préparation de l’international marocain.
Cette leçon, venue du maître en personne, est cruelle mais juste. Elle rappelle qu’un geste de génie ne s’improvise pas, surtout pas dans un moment d’une telle intensité. Pour Brahim Diaz, qui a depuis présenté ses excuses au peuple marocain, ce raté restera comme une cicatrice indélébile. La critique de la légende, elle, sonne comme une piqûre de rappel : le talent ne suffit pas, le travail reste la clé.

