ASSE : l’alerte générale
Mercredi, les principaux groupes de supporters de l’AS Saint-Étienne ont publié un communiqué commun au ton grave, intitulé sans détour : « Nous tirons la sonnette d’alarme ». Rarement les Magic Fans, Green Angels, Indépendantistes et l’USS avaient parlé d’une seule voix pour exprimer une inquiétude aussi profonde. Cette prise de position intervient après une défaite de trop, samedi face à Boulogne-sur-Mer (0-1), devant près de 30 000 spectateurs à Geoffroy-Guichard. Une soirée qualifiée de « soporifique » et d’« humiliation », perçue comme un symbole d’un malaise plus large.
Une fracture sportive qui ne cesse de s’élargir
Sportivement, l’ASSE dérive. En milieu de tableau de Ligue 2, loin de l’objectif affiché de remontée, les Verts enchaînent les prestations ternes. Les supporters dénoncent une équipe sans âme, incapable de répondre aux attentes d’un club sept fois champion de France. La défaite contre Boulogne n’est pas vue comme un accident, mais comme l’illustration d’une saison ratée, où le contenu alarme presque autant que les résultats.
Le communiqué vise aussi l’instabilité interne. Le limogeage d’Eirik Horneland, suivi de l’arrivée de Philippe Montanier, est décrit comme une décision confuse, mal expliquée. Les ultras s’en prennent également à certains joueurs, accusés d’un manque de professionnalisme et de comportements « d’adolescents ». Pour eux, l’image d’un club désorganisé dépasse désormais le cadre du terrain.
Un malaise structurel et financier
Sur le plan financier, les inquiétudes sont tout aussi vives. Les supporters évoquent un déficit estimé autour de 30 millions d’euros, aggravé par un mercato hivernal coûteux — près de 9 millions investis sur des recrues encore peu décisives. Cette fuite en avant inquiète dans un club déjà fragilisé par la Ligue 2, et nourrit la crainte d’un déclassement durable.
Face à ce constat, les ultras appellent à une « mission commando ». Ils exigent la fin des discours vagues et une réaction immédiate de tous les acteurs du club. En l’absence de réponse officielle de la direction, la tension menace de s’installer durablement autour de Geoffroy-Guichard. À Saint-Étienne, l’alarme est donnée : sans électrochoc rapide, la crise pourrait devenir structurelle.

