OM : De Zerbi-Murillo, le clash
Au sortir d’une semaine cataclysmique, l’Olympique de Marseille ne panse pas seulement ses plaies sportives. Le club doit aussi gérer une fracture interne désormais exposée au grand jour. Dans un climat déjà fragilisé par les résultats et une fin de mercato sous tension, la décision de Roberto De Zerbi de mettre Amir Murillo à l’écart agit comme un révélateur. Du côté de La Canebière, la crise ne se limite donc plus au terrain.
Une sanction assumée au nom de la “faim”
Face à la presse ce lundi et avant le choc contre Rennes en Coupe, Roberto De Zerbi n’a pas cherché à arrondir les angles. S’il assure apprécier l’homme et le joueur, le technicien italien explique la rétrogradation d’Amir Murillo par un manque d’implication perçu au quotidien. Sa ligne est claire : l’erreur technique est tolérable, pas le déficit d’intensité. « Qui n’a pas faim ne joue plus », a-t-il martelé, liant directement certaines erreurs défensives répétées à un état d’esprit jugé insuffisant.
Murillo, renvoyé en réserve et invité à se trouver un point de chute avant la fin du mercato, a choisi une autre forme d’expression. Sur Instagram, une image symbolique et un message laconique – « Quand il n’y a pas d’issue, il reste ce que vous êtes » – traduisent un joueur qui se sent ciblé et isolé. Titulaire lors des derniers naufrages européens, puis entré juste avant l’effondrement face au Paris FC, le Panaméen devient le premier fusible visible d’une équipe en perte de repères.
Un électrochoc… ou une fracture de plus
Cette passe d’armes s’inscrit dans un contexte bien plus large. Le vestiaire marseillais sort d’une semaine marquée par des tensions multiples, des leaders contestés et une fébrilité collective persistante. En assumant publiquement cette sanction, De Zerbi cherche à provoquer une réaction immédiate, à imposer une exigence maximale dans un moment critique. Mais ce type de management, frontal et exposé, comporte un risque évident : celui de fragiliser davantage un groupe déjà sous pression.
Cette affaire De Zerbi-Murillo est donc à double tranchant. Elle peut servir d’électrochoc salutaire, resserrer les rangs et clarifier les règles internes. Ou au contraire accentuer le sentiment de défiance dans un vestiaire en quête de stabilité. La réponse viendra rapidement, sur le terrain et dans l’attitude du groupe. À Marseille, plus que jamais, chaque décision pèse lourd.

