OM : De Zerbi, la décision est prise
Marseille a retenu son souffle toute la journée de jeudi. Au lendemain de l’élimination catastrophique en Ligue des Champions face au Club Bruges (0-3), l’atmosphère était irrespirable sur la Canebière. L’absence remarquée de Roberto De Zerbi à l’entraînement de Clairefontaine, officiellement pour maladie, a suffi à enflammer la poudrière. Très vite, la machine à rumeurs s’est emballée, certains médias annonçant avec insistance que le technicien italien avait jeté l’éponge et demandé à quitter le navire en perdition. Face au silence pesant du club durant de longues heures, les supporters ont cru revivre les psychodrames habituels de l’institution olympienne, redoutant une nouvelle crise institutionnelle majeure en plein cœur de l’hiver.
Le capitaine ne lâche pas la barre
Que le peuple marseillais se rassure : le navire a encore un capitaine. Tard dans la soirée, le couperet est tombé, balayant les spéculations alarmistes. Roberto De Zerbi ne part pas. L’Italien a fermement décidé de poursuivre sa mission à la tête de l’Olympique de Marseille. Malgré la tempête, les vents contraires et la déception immense de la scène européenne, il n’est pas question pour lui de démissionner. La décision est actée : il sera bien sur le banc pour tenter de sauver ce qui peut l’être de cette saison assombrie.
La confusion a régné, notamment suite aux informations de Foot Mercato évoquant une demande de départ. Cependant, contacté directement par L’Équipe, l’entraîneur a formellement démenti ces allégations. Son repli sur soi et son absence du terrain d’entraînement relèvent davantage d’une routine personnelle les jours de tempête — « quand il est fâché, il boude », résume un proche — que d’une volonté de rupture. De Zerbi encaisse le coup, s’isole pour digérer la colère, mais ne fuit pas ses responsabilités.
Roberto De Zerbi, capitaine dans la tempête. Malgré la déroute en Europe et les rumeurs de départ, l’entraîneur a choisi de rester au chevet de l’OM pour tenter de sauver la saison.
La confiance maintenue, malgré tout
Cette décision de rester s’aligne avec la volonté de sa direction. Pablo Longoria, qui rêve de voir son coach s’installer dans la durée « à la Diego Simeone », et Medhi Benatia n’ont pas remis en cause son statut malgré le fiasco belge. Si des tensions existent, notamment sur la gestion humaine de certains départs (Rongier, Rabiot) et une instabilité tactique chronique (30 compositions différentes en 30 matchs), le lien n’est pas rompu. De Zerbi considère toujours Marseille comme « le lieu idéal », même si l’élimination précoce en C1 fragilise inévitablement sa position.
Désormais, l’heure n’est plus aux états d’âme mais au combat. En confirmant sa présence, De Zerbi s’oblige à une réaction immédiate. Il doit remobiliser un groupe abattu et trouver enfin une cohérence tactique qui fuit l’OM cette saison. Les sirènes de la Premier League et de Manchester United continueront sans doute de chanter, mais pour l’instant, l’Italien a choisi l’enfer marseillais plutôt que la fuite. À lui de prouver qu’il peut transformer cette crise en électrochoc, sous peine de voir sa décision d’aujourd’hui devenir le regret de demain.

