Le PSG barragiste, le discours étonnant de Luis Campos
C’est une musique surprenante qui résonne du côté de Poissy. Alors que le Paris Saint-Germain vient de basculer en barrages de Ligue des Champions après un nul poussif contre Newcastle (1-1), scellant une triste 11e place en phase de ligue, Luis Campos a choisi de prendre le contre-pied total de l’ambiance morose. Dans une interview accordée au quotidien Marca, le directeur sportif parisien affiche une sérénité déconcertante, presque lunaire au vu de la réalité du terrain. Loin de s’alarmer d’une saison qui patine, avec déjà une élimination en Coupe de France et une campagne européenne poussive (2 points sur les 3 derniers matchs), le Portugais chante les louanges d’un projet « beaucoup plus sérieux » que l’an dernier.
Barrages et doutes : le pari risqué du discours de Luis Campos
Pour justifier son optimisme, Campos s’appuie sur une anecdote révélatrice. Il raconte comment Luis Enrique lui a promis une révolution tactique en début de saison : « Luis, tu vas voir, les joueurs vont tellement changer de position que l’adversaire ne pourra pas suivre ! ». Une prophétie validée selon lui par Benjamin André, le capitaine lillois, qui lui aurait confié être totalement perdu face au mouvement parisien. Cette vision d’un PSG insaisissable contraste pourtant violemment avec l’image renvoyée contre Newcastle : celle d’une équipe stérile, capable de s’éteindre après vingt minutes et manquant cruellement de créativité.
Ce décalage entre le discours interne et la performance réelle interroge. Campos assure que « toutes les conditions sont réunies pour continuer sur le même chemin » que la saison historique du sextuplé. C’est un pari risqué. À force de répéter que « nous serons à nouveau très forts » quand les joueurs retrouveront leur forme, la direction parisienne ne joue-t-elle pas la politique de l’autruche ? Le risque est grand de voir la saison filer entre les doigts d’un club qui se berce d’illusions pendant que ses concurrents avancent. La « jeune équipe qui joue un très bon football » décrite par Campos a déjà perdu un trophée et s’est compliqué la tâche en Europe.
Le précédent 2025 comme bouclier
Pour défendre sa ligne, l’état-major parisien brandit l’argument ultime : le précédent de 2025. L’an dernier aussi, Paris était passé par la case barrages avant de marcher sur l’Europe. Luis Enrique et son staff utilisent cette jurisprudence pour calmer les doutes, transformant l’échec du Top 8 en simple péripétie. « Si une équipe est prête pour les barrages, c’est bien le PSG », martèle le coach. Mais l’histoire ne se répète pas toujours, et cette confiance affichée pourrait se transformer en arrogance coupable si le piège des barrages (contre Monaco ou Qarabağ) venait à se refermer.
Ce discours à double tranchant place Luis Campos et Luis Enrique face à leurs responsabilités. En validant publiquement la méthode du coach espagnol, qu’il a « vendu » à l’émir du Qatar en dix minutes chrono grâce à une alchimie immédiate, Campos lie son destin à celui de son entraîneur. Si le PSG se relève et écrase tout au printemps, ce discours passera pour de la vision. Si la saison se termine en eau de boudin, il restera comme le symbole d’une déconnexion fatale avec la réalité du terrain. Février sera le juge de paix de cet optimisme forcené.

