Non, le Paris FC n’est pas le deuxième grand club de la capitale
Alors que le Parc des Princes s’apprête à vibrer dimanche pour des retrouvailles inédites depuis 46 ans entre le PSG et le Paris FC, une petite musique s’installe. Celle d’un derby retrouvé, d’une rivalité historique qui renaîtrait de ses cendres, légitimant le PFC comme le « deuxième grand club » de Paris. Il est tentant de céder au romantisme de l’affiche, surtout avec les nouveaux moyens colossaux du club de la famille Arnault. Pourtant, il faut oser le dire : historiquement, le Paris FC n’a jamais été ce rival fantasmé. Il est une anomalie, un club qui aurait dû régner mais qui a passé un demi-siècle à regarder le train passer, laissant le costume de concurrent à une toute autre entité.
Si l’on cherche le véritable « autre » grand club de l’histoire parisienne, celui qui a vraiment fait trembler les murs et rivalisé d’ambition, il faut regarder ailleurs. C’est le Racing Club de France (devenu Matra Racing dans les années 80) qui a incarné cette alternative crédible. Sous l’impulsion de Jean-Luc Lagardère, le club au maillot ciel et blanc a aligné les stars (Bossis, Francescoli) et les millions pour défier le PSG naissant. C’était artificiel, certes, et cela s’est soldé par un échec en 1989, mais le Racing avait pour lui un passé glorieux et une identité ancrée que le PFC n’a jamais eus.
Le PSG et le PFC, un destin inversé dès 1974
L’ironie de l’histoire du PFC est cruelle. En 1972, lors du divorce originel, c’est bien lui qui avait tout raflé : le statut pro, les stars comme Jean Djorkaeff, et l’accès au Parc des Princes. Le PSG, lui, était reparti de zéro en Division 3. Sur le papier, le PFC était l’élu. Mais l’histoire a tranché en deux ans. Dès 1974, les trajectoires se sont croisées pour ne plus jamais se rejoindre : le PSG montait en D1 pour y rester éternellement, tandis que le PFC sombrait dans l’anonymat des divisions inférieures. Le « grand club » est mort dans l’œuf.
Les chiffres sont impitoyables et ne mentent jamais. D’un côté, le PSG et ses 56 trophées majeurs, une vitrine qui déborde. De l’autre, le Paris FC et son néant absolu. Pas un titre de champion, pas une Coupe de France, juste une demi-finale en 1980 comme unique fait d’armes en 50 ans. Parler de rivalité sportive historique est une hérésie quand l’un empile l’argenterie pendant que l’autre change de nom et de stade (Porte de Montreuil, Charléty, Déjerine) comme de chemise pour survivre.
Une rivalité à construire, pas à réveiller
Ce dimanche, le match n’est pas un « classique » retrouvé, c’est une page blanche qui s’ouvre. Avec l’arrivée de la famille Arnault et de Red Bull, le Paris FC a enfin les moyens de ses ambitions. Mais l’argent n’achète pas le passé. Le PFC n’est pas le deuxième grand club de Paris qui revient à sa place ; c’est un nouveau riche qui s’invite à la table des grands pour la première fois. La rivalité commence maintenant, en 2026. Avant cela, il n’y avait rien.

