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On a testé les échecs à la Tour nétrablaise de Noirétable, pourquoi pas vous ?

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Mercredi soir, le bouclage de La Gazette n’a, une nouvelle fois, pas ménagé les neurones. Dans le brouillard d’un soir d’hiver je maintiens non sans effort une certaine concentration en franchissant la porte de la salle des fêtes de Noirétable. Sur la gauche dans la pièce baignée de lumière artificielle, aux grandes baies vitrées donnant sur de lointaines forêts, le grincement de la chaise sur laquelle je prends place transperce un silence de cathédrale. Autour de moi, les adhérents du club d’échecs de La Tour nétrabalaise, en face-à-face, sont plongés dans des calculs stratégiques que je sais hors de ma portée.

Les minutes passent, on m’invite gentiment à prendre place devant l’échiquier. Mon adversaire de cette nuit déjà tombée s’appelle Quentin. L’attroupement se fait autour du duel annoncé, la pression monte.

Échec et mat en trois phases

« Je qualifierais mon niveau de médiocre, je connais les pièces et sais les bouger. Avec un peu de chance, j’ai déjà gagné quelques parties, il y a très longtemps, face à des adversaires encore plus mauvais, si cela est possible », explique-je devant le jeune Quentin qui, attentif et pédagogue, reprend tout depuis « presque » zéro

Première phase. « Une partie se divise en trois phases. La première, l’ouverture, consiste au développement des pièces, c’est-à-dire sortir un maximum de pièces. Le but, c’est d’atteindre le milieu de l’échiquier et notamment les quatre cases centrales. Il faut imaginer l’échiquier comme une pyramide. » J’opte pour un jeu en miroir qui consiste à calquer les déplacements de mes pièces sur ceux de mon adversaire. « C’est une stratégie qui a ses limites car dès que les coups se complexifient, on ne peut plus suivre », me prévient Quentin qui me prend un fou au passage.

Deuxième phase. Des sensations enfouies depuis longtemps refont surface et je me prends au jeu. L’adrénaline va et vient comme un mouvement de balancier lorsque je déplace une pièce, lorsque mon adversaire fait de même. J’ai clairement du mal à proposer une stratégie valable, je fais du coup pour coup avec la tentation de forcer les biceps en prenant les pièces adverses dès que l’occasion se présente, sans me soucier des conséquences. Bref, je me trouve en milieu de partie et comme de nombreux débutants, je ne sais pas trop quoi faire à présent.

« C’est une stratégie qui ne fonctionne jamais, au final on finit par perdre. Nous sommes dans la deuxième phase, il s’agit de casser cette pyramide, c’est là que les combinaisons mathématiques ou les coups appris par cœur entrent véritablement en jeu. »

Troisième phase. Depuis quelques minutes, je suis la souris, Quentin, le chat qui finira par me mettre KO en repoussant mon roi sur le bord grâce à sa tour et sa reine. Je suis échec et mat. « Tu as perdu beaucoup de pièces par étourderie », m’explique mon adversaire.

Ce qu’il ne sait pas, c’est que je déteste perdre mais comme tout respire la bienveillance, ici à Noirétable, je sais qu’il ne restera que le meilleur de cette soirée avec La Tour nétrablaise.

Yann Terrat

Ouvert à tous. Fondée en 2014 par Bernard Girard, toujours aux manettes, l’association La Tour nétrablaise compte 70 adhérents. Elle consacre une partie de son temps à des ateliers d’échecs dans les établissements scolaires de la commune et ouvre les portes de la salle des fêtes à tous, grands et petits, les mercredis de 16 à 18 heures. Téléphone : 06.30.51.81.46.

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