Cet Auvergnat dessine des voitures de rallye... à moitié ! Réalisme et précision font leur effet
"Je dessine depuis le CP. À leur grand désespoir, certains professeurs s’en souviennent encore (rires). Et ce que je réalise aujourd’hui n’étonne pas mes anciens camarades." Dessin, peinture acrylique, quand Fabien Chèze, 38 ans, s’enferme dans sa bulle, dans son salon à Sauviat, c’est pour un moment de détente.
La demi-voiture sera son identité artistiquePrécision, nuances, coup de crayon, réalisme, tout y est. Avec en couche de fond, deux passions. Celle de l’art, et celle "de tout ce qui roule", sourit Fabien, bercé depuis longtemps par les rallyes qui passaient sous ses fenêtres à Sainte-Agathe, où il a grandi. Aujourd’hui, au-dessus du canapé, s’affichent celles qui ont séduit ses yeux et ses oreilles. Peugeot, Renault, et autres qui ont matraqué l’asphalte.
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Lui, l’autodidacte, matraque la toile avec douceur. Pour lui, pour ses copains, ou d’autres passionnés qui désormais passent commande. Installé en microentreprise depuis février 2022 sous FCR Création (il est usineur à Thiers à temps complet), Fabien s’épanouit au contact de l’art, même si son arrivée à la peinture se fait par hasard.
Première reproduction"Je suis arrivé à l’acrylique à la demande de ma femme, qui un jour me dit que ça pourrait être sympa d’avoir un cadre, un tableau, etc. Mais je ne savais pas du tout peindre. Et puis j’ai essayé de reproduire un tableau, et j’ai adoré. Autant le dessin c’est précis, autant la peinture, même si on s’écarte, on peut repasser par-dessus, remodeler le tableau…"
Une première expérience de laquelle il ressort enthousiaste. De quoi se projeter, "même si ça n’a pas été une évidence de peindre des voitures". "Un jour, je vois une photo d’une demie Porsche, vue de derrière, je l’ai trouvée très belle."
C’était une prise de vue particulière, et ça m’a plu. Je l’ai posée chez moi, et j’ai eu beaucoup de retours sur cette “nouvelle décoration” dans la maison. Cette voiture n’était pas complète, il y avait une vision artistique, et je me suis dit qu’il y avait peut-être quelque chose à faire de cette histoire de vue partielle.
"Et je me suis lancé comme ça, avec une Alpine, une R5. J’ai réussi à me créer une identité artistique de par la demi-voiture."
Sébastien Loeb lui signe un originalFabien travaille sur photo, avec un premier tracé au crayon. "Je commence toujours par le phare, c’est ma petite marotte (rires). C’est comme les yeux sur un visage, tant que je ne suis pas satisfait du phare, des reflets que je veux, je gravite autour", sans user de technique particulière, "parce que je n’en ai pas réellement".
Aujourd’hui, Fabien fait plaisir à des copains, "et à des gens que je ne connais pas", fort de ses 1.500 abonnés sur sa page Facebook. "C’est quand même fou", réalise-t-il. Les commandes affluent. "J’ai trop de demandes par rapport au temps que j’ai à y consacrer, et je ne pourrais pas en vivre non plus", tempère l’artiste, qui propose plusieurs gammes de tarifs.
Une voiture de rallye prend forcément plus de temps, une grosse vingtaine d’heures, car il y a beaucoup de détails, ne serait-ce que les sponsors.
Avec une quinzaine de réalisations par an, il en profite pour faire quelques journées de rencontres dédiées aux passionnés de l’automobile. "C’est super niveau relationnel, socialement c’est énorme, c’est une belle aventure, et ça fait vraiment plaisir de provoquer des coups de cœur artistiques sur certaines personnes grâce à mon travail." Jusqu’à ce que Sébastien Loeb lui-même lui signe l’original d’une Citroën Saxo, avec laquelle il a été champion du monde junior.Et pour avoir des copies de ses tableaux, il faudra se satisfaire de 20 exemplaires par modèle, tous numérisés. De quoi créer une forme "d’exclusivité".Alexandre Chazeau

