Johan Clarey, plus vieux médaillé olympique en ski alpin
Aux âmes bien nées, la valeur n'attend pas le nombre des années, écrivait Pierre Corneille dans Le Cid. Un skieur français vient pourtant de démontrer le contraire : Johan Clarey a décroché, lundi à Yanqing, sa première médaille olympique (d'argent), lors de la descente des JO de Pékin. Il devient ainsi, à 41 ans, le plus vieux médaillé olympique en ski alpin.
Né le 8 janvier 1981 à Annecy, Johan Clarey a débuté en Coupe du monde en 2003. Plus de la moitié de ses neuf podiums sur le circuit (descente et super-G) ont été obtenus depuis 2019, pour une carrière au crépuscule exceptionnellement long. En janvier 2022, il a repoussé une nouvelle fois le record du plus vieux skieur sur un podium de Coupe du monde, avec sa 2e place à Kitzbühel à 41 ans. Il est aussi le plus vieux médaillé de l’histoire des Mondiaux.
"Les méthodes de rééducation ont évolué dans le bon sens, on arrive à avoir un physique très correct à un âge avancé", estimait en 2020 ce véritable "Benjamin Button" du ski. Avoir vu Roger Federer à son âge (sept mois plus jeune que Clarey, NdlR) également performant (à près de 40 ans), dans un autre sport à fortes contraintes physiques, "ça m'a mis du baume au cœur".
"Et je suis encore frais, car entre 20 et 30 ans je me suis énormément blessé. Depuis 30 ans, je suis plus tranquille, donc ma tête est encore jeune", indiquait celui qui s'est gravement blessé à un genou à Kitzbühel en 2004, rompu les ligaments croisés des deux genoux en 2019, et a été opéré d'une hernie discale en 2013.
Le costaud savoyard (1,91 m, 98 kg), qui a appris à skier à Tignes dans les traces de son père moniteur, avait battu en janvier 2013 le record de vitesse en ski alpin (161,9 km/h), à Wengen (Suisse).
Mais Clarey a aussi été durablement marqué par le décès de son coéquipier et ami David Poisson en novembre 2017, lors d’un entraînement à Nakiska (Canada). Tout juste redescendu, lundi, de son nuage olympique, il est apparu ému en zone mixte : "On l’a perdu il y a quatre ans, c’est une des premières personnes à qui j’ai pensé", a-t-il confié. En 2018, il disait à L’Équipe Magazine avoir "perdu un frangin ce jour-là". "David, je l’ai toujours un peu considéré comme mon frère. J’ai la sensation de ne pas skier tout seul, c’est mystique", expliquait-il.

