Elie Rousset : « Des différences à la reprise »
Comme Alice Tubello qu’il coache en compagnie de Lionel Mansour de l’ASM, Élie Rousset, 30 ans, est, depuis le début du confinement, chez lui, en famille. Loin des terrains, physiquement, l’ex-n° 45 français et partenaire d’entraînement de Wawrinka, Murray et consorts à chaque Roland-Garros, reste au cœur des courts de par une activité professionnelle, aujourd’hui menée en télétravail, qui le voit s’impliquer au sein de Tennis Pro, structure de l’Union nationale des joueurs professionnels de tennis (UNJPT).
Quelle est votre activité ?
« À Tennis Pro, on s’occupe des 60 meilleurs joueurs français, on fait du conseil, du lien, on est disponible : on a un avocat, un comptable, moi, je suis en charge des « relations joueurs », je suis plus « terrain » et proche des tournois partenaires, pour lesquels, via les joueurs, on a des prestations.
Quelles sont les attentes des joueurs en cette période ?
J’ai été énormément sollicité quand le circuit international s’est arrêté alors que les tournois nationaux étaient maintenus : tous les joueurs voulaient participer aux épreuves dont on s’occupait. Mais depuis l’arrêt complet, on est bien moins sollicité. Alors on essaye de leur trouver des formations qui puissent être financées par la FFT, leur compte personnel de formation, que ce soit en langues étrangères, en compatibilité, en démarches fiscales, en gestion média et ou réseaux sociaux, rédaction de CV, ou se servir de LinkedIn… Des choses qui peuvent les aider pour maintenant mais aussi pour leur reconversion. Après, certains ont aussi des attentes financières. On les guide avec notre expert-comptable, notamment ceux qui pourraient, sous certaines conditions bénéficier d’aides proposées par l’État. On essaye de leur expliquer tout cela. Il faut bien comprendre que nous, on peut juste mettre en place des initiatives pour eux. Et on n’est pas la Fédération, même si on est en lien très étroit avec elle. Et pour elle, ce n’est pas simple non plus.
« Au début, le circuit était arrêté jusqu’au 8 juin, maintenant, c’est jusqu’au 13 juillet, mais on entend déjà parler de septembre »
Quel est le ressenti s’agissant des tournois ?
C’est d’abord une grande déception chez eux quand ils doivent annuler. Mais ils donnent rendez-vous l’année prochaine. Une source de préoccupation pour moi : des mairies, des partenaires et sponsors, s’ils ont été mis en difficulté par la crise sanitaire, il y a un risque que l’an prochain, remettre de l’argent dans le tournoi de tennis ne soit pas leur priorité. Je pense que ça peut supprimer certaines épreuves ou en tout cas, faire baisser leurs dotations. Et je pense qu’il peut y avoir des conséquences sur toute l’année prochaine.
Un point sur Alice Tubello ?
Son principal entraîneur, en ce moment, c’est elle, d’abord, et après, c’est son préparateur physique. Elle essaie de faire pas mal de physique et a la chance d’avoir un petit extérieur. Il y a 2-3 catégories de joueurs-joueuses, en fait. Ceux qui sont en appartement en ville et qui font un peu ce qu’ils peuvent en renforcement musculaire chez eux, ceux qui ont un petit bout de jardin et qui peuvent déjà en faire un petit peu plus au niveau physique et puis ceux qui ont un terrain de tennis privé ou un accès à un court vraiment très proche. Là, il va y avoir de grosses différences de niveau à la reprise, en fonction d’où et comment les gens étaient confinés. On a eu une petit visio avec Alice et Lionel (Mansour, son autre coach tennis) pour essayer d’anticiper un tout petit peu sur l’été, pour être prêt et puis parler de la rentrée, redéfinir les objectifs, voir comment elle se sentait, sachant qu’il y a pas mal d’incertitudes. Au début, le circuit était arrêté jusqu’au 8 juin, maintenant, c’est jusqu’au 13 juillet, mais on entend déjà parler de septembre. Le problème des tournois du circuit international, c’est qu’ils rassemblent des gens issus de beaucoup de pays. Ça risque d’être les derniers à ne plus subir le confinement. »
Propos recueillis par Jean-Philippe Béal

