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Pourquoi l'AST Désertines vient de lancer une toute nouvelle section de tennis-fauteuil

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Il aura fallu deux ans aux membres de l'AST Désertines pour concrétiser un projet qui leur tenait à coeur : la création d'une section de tennis-fauteuil. Elle vient d'être lancée cette semaine au complexe sportif du Champlin, avec un parrain de choix : Stéphane Houdet, multi-médaillé olympique et vainqueur des plus grands tournois mondiaux en tennis-fauteuil.

Comment l'aventure a-t-elle démarré ?

« Tout a commencé pour les quarante ans du club. Le tennis est un sport qui vide la tête, alors si on peut faire plaisir à tout le monde... On voit que le hand-fauteuil aussi se développe beaucoup », détaille Guillaume Berthelier, le président de l'AST, club particulièrement attaché à l'aspect convivial.

Comment est-elle entrée dans sa phase concrète ?

Pour lancer cette section, il fallait trouver des fonds afin de se doter de matériel. L'achat d'un premier fauteuil d'une valeur de 1.500 à 2.000 euros a pu se faire cet été, grâce au soutien du comité départemental qui l'a financé.

« On essaie de mettre en place des actions dans ce sens », souligne la présidente des actions sociales, solidaires et paratennis, Nicole Léger, très enthousiaste à l'idée de développer le sport adapté. « On n'est qu'au début de l'aventure », estime-t-elle.

Qui peut intégrer cette section ?

Tout le monde peut se lancer dans le tennis-fauteuil, que les personnes soient valides ou en situation de handicap. La seule condition est d'être mobile au niveau du buste et d'au moins un bras. 

« L'idée maîtresse, c'est de créer une discipline olympique à terme, avec des valides qui s'assoient et des personnes en situation de handicap », ajoute Christophe Amouroux, l'animateur de la section.

Désireux d'ouvrir ses structures au monde du handicap, le club veut aussi, au travers de sa section, permettre à des personnes par exemple accueillies la journée dans des centres médicaux de venir profiter de ses courts.

Il s'agit de changer le regard sur le fauteuil, et d'utiliser le tennis comme moyen ludique et d'échanges, avec cette philosophie d'ouverture pour tous. C'est mon cheval de bataille ! J'aimerais bien qu'on tente l'expérience d'un sport pour tous, et même être le premier sport en fauteuil candidat aux Jeux olympiques partagés par tous. Il y a bien déjà le rugby, mais ce n'est pas un sport olympique

Qu'en pensent ceux qui l'ont déjà testé ?

Plus d'une dizaine d'hommes et femmes de tout âge ont échangé des balles en fauteuil, ce mercredi. Plusieurs étaient venus du Centre de réadaptation de Pionsat. Parmi eux, Fred, qui ne lâchait plus la raquette : « Il n'y a pas grand-chose niveau handisport. Avant, je jouais au tennis, ça m'a toujours plu. Là, c'est très ludique, on se dépense bien ! »

Le n°1 mondial en fauteuil aux 40 ans de l’AST Désertines

De quoi allier sport d'entretien et plaisir pour ce quadragénaire qui a perdu de la motricité au niveau des jambes, à cause d'une ischémie médullaire. « Je suis en fauteuil, mais je ne m'interdis rien, poursuit l'habitant de Saint-Eloy-les-Mines. Le sport, on en a besoin physiquement déjà pour pouvoir se déplacer et aussi pour l'entretien. En tennis-fauteuil, on travaille surtout le haut du corps. Ce n'est pas parce qu'on est handicapé qu'on n'est pas bien ! Il faudrait souvent des journées comme ça. »

Gaëlle Chazal

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