La voleuse de cartes bancaires sévissait dans les grandes surfaces, dans le secteur de Riom
Le mode opératoire, immortalisé par des caméras de vidéosurveillance, était toujours le même. Les deux jeunes femmes espionnaient les clientes au moment de leur passage en caisse, dans des grandes surfaces. Puis, après avoir noté les codes confidentiels de leurs cartes bancaires, de manière tout aussi sournoise, subtilisaient les portefeuilles où celles-ci avaient été glissées.
L'impression "d'être agressé"En deux mois, depuis le début de l’année, quatre femmes ont été victimes de ce petit manège à Enval, Riom et Mozac. Avec parfois de gros préjudice : 1.500 euros retirés sur le compte de l’une des victimes, 1.000 euros sur celui d’une autre. « C’est la moitié de mon salaire », déplore cette dernière, face au tribunal. La Puydômoise, avec ce larcin, a aussi perdu sa carte Vitale et d’autres biens personnels d’importance. « On a l’impression d’être agressé. Cela bouleverse terriblement. »
Repérée et interpellée vendredi dernier au Leclerc du Brézet, à Clermont-Ferrand, l’une des voleuses a reconnu les faits. « Je m’excuse beaucoup, beaucoup », répète cette ressortissante bosniaque de 19 ans, jugée en comparution immédiate, lundi. Mais le mea-culpa de la pickpocket laisse le tribunal perplexe.La justice a déjà eu affaire à elle à quatre reprises pour le même type de fait. Et ce n’est peut-être pas terminé. D’autres enquêtes sont en cours à son sujet partout en France. En outre, la jeune femme n’hésite pas à brouiller les pistes, utilisant à chaque fois des identités différentes (treize recensées jusqu’à présent).
"J’ai été entraînée par d’autres filles qui savaient très bien que je ne voulais pas faire ça. Cette fois, c’est vraiment la dernière fois !"
Fabienne Cancelier, au parquet, reste dubitative elle aussi : "Je m’interroge sur sa capacité à se remettre en question", confie la magistrate, qui demande 15 mois de prison ferme avec mandat de dépôt.Me Naïma Hizzir, en défense, dépeint une autre réalité. Celle que vivent certains jeunes roms de Bosnie. "Souvent des mineurs, formatés pour voler, au profit d’autres individus", souligne l’avocate clermontoise. "Ma cliente a été interpellée mais elle n’est pas seule. Et au lieu d’aller chercher le problème à la racine, de remonter la filière, basta ! On ne règle pas le problème de fond."En août dernier, la dernière condamnation de Sara Hopic, alors enceinte, prévoyait un aménagement. Cette fois, c’est l’incarcération. Le tribunal suit le parquet.
Olivier Choruszko

