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Estomaqués par la hausse des prix, les clients des grandes surfaces d'Aurillac entre résignation et adaptation

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En vidant le chariot dans son coffre, Joëlle, 60 ans, fait un peu la grimace. La jeune retraitée essaie d’acheter local, autant que possible. Mais pour combien de temps encore ? "J’ai un prix en tête. Ça m’a marqué : les œufs d’Omps à 2,15 € les six. Ils n’étaient qu’à 1,99 € il y a peu ! En l’espace d’une semaine, ce n’est pas justifié, maugrée-t-elle. Le fromage du Cantal est très cher aussi. À 18 € le kilo pour du bon salers, cela ramène le morceau à 10 €… Dans tous les rayons, tout a augmenté."

Sur le parking du Leclerc d’Aurillac, l’inflation prend de la place. Ancien garçon de café dans les brasseries parisiennes, Robert tourne à la chicorée… et a du mal à comprendre pourquoi le coût de son panier de la semaine dépasse désormais les 50 €, contre 40 ou 45 € auparavant. "Les fruits, c’est le plus impressionnant", note cet Aurillacois de 78 ans.

Revenir au jardin, si les rats taupiers le veulent bien

La recette miracle n’existe pas. En sortant de sa Renault Clio blanche, Marie-Pierre, 62 ans, s’apprête à ne "surtout pas se laisser tenter" par l’étendue des rayons du super. « Je sais ce que je prends, je connais mes produits, donc c’est rare que je dévie », commente-t-elle. Estomaquée par le prix du pack de 12 compotes Andros, frôlant les 5 €, cette habitante de Pleaux fait l’essentiel de ses courses à l’Intermarché de Mauriac. Mais elle profite de son déplacement à Aurillac, le mercredi, jour de garde des petits-enfants, pour s’arrêter chez Leclerc. "C’est moins cher ici", assure-t-elle. Des gâteaux, des crêpes, des tiramisus ; les desserts c’est son truc. "Chez mamie, c’est meilleur", sourit la grand-mère de quatre gourmands. "Utiliser les restes, s’arranger pour ne rien jeter et faire son jardin : il n’y a que ça de vrai. Je pense que beaucoup de gens vont venir, ou revenir à cette méthode-là." Même si cette année, ses petits-enfants n’auront malheureusement pas de tiramisus aux fraises… "Les rats taupiers ont rongé tous mes fraisiers !", déplore Marie-Pierre.

Photo Jérémie Fulleringer.

Le surendettement dans le Cantal en 2022 en trois chiffres

"On ne cuisine plus au jour le jour, on fait des gros plats qu’on congèle au max" Eux ont leurs astuces. Romane, 24 ans, installe son nouveau-né bien au chaud dans la poussette. Sur le parking du Carrefour de La Sablière, à Aurillac, la mère de famille raconte avoir "revu son budget. On regarde encore plus les prix qu’avant, on arrête les marques classiques et on achète de la marque distributeur, développe-t-elle. On ne cuisine plus au jour le jour : on fait des gros plats qu’on congèle au max pour avoir des réserves". Romane scrute également "les ventes privées" sur internet. Pour son bébé, elle n’achète pas les couches en grande surface, mais a opté pour un abonnement sur le site web des Petits culottés.

Les brochures des promotions épluchées

Patrick, 67 ans, épluche les brochures des promotions des supermarchés. Cet habitant d’Arpajon-sur-Cère va le plus souvent chez Leclerc. Toutefois, il n’hésite pas à aller voir ailleurs lorsque le bon plan le commande. "Ça dépend vraiment des produits, souligne-t-il. Généralement, les promos sur les alcools sont les plus intéressantes."

"On ressent un arbitrage au sein des achats. On voit des consommateurs en quête de bons prix", analyse Joseph Chauvet, le directeur du Leclerc d’Aurillac. "Il y a une demande plus marquée sur les marques de distributeur par rapport aux marques nationales. Sur le segment du café, le poids des premiers prix a tendance à gonfler", tandis que les paquets estampillés par les marques de renom s’écoulent moins.

Les clients du Leclerc posent et reposent

"On observe aussi une érosion des segments les plus premiums", hauts de gamme, "et de certains marchés pas définis comme essentiels", ajoute Joseph Chauvet. D’après lui, les consommateurs préfèrent attendre, voire se dire "je ne l’achète pas, je n’en ai pas forcément besoin". Les rayons alcools et vins sont "un peu challengés en ce moment", selon son directeur.

Photo Jérémie Fulleringer.

Les consommateurs posent et reposent davantage. "Ils sont plus attentifs à leur panier. Maintenant, on a des systèmes de self-scanning permettant d’enregistrer ses courses sur son smartphone. L’avantage, c’est que cela donne le montant du panier : il y a une forte hausse de l’usage de l’application… Ainsi que de la carte de fidélité, que certains clients téléchargent pour profiter de l’offre additionnelle : 5,50 € pour 80 € d’achats les mardis et les jeudis. On a un vrai phénomène de surfréquentation ces jours-là."

Romain Blanc

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