En plein développement, la société Culture Serres a déménagé dans la zone de Felet, à Thiers, et prépare sa serre connectée
Se poser. « Reconnecter les gens à la terre, remettre les mains dedans, dans cette matière, être en communion avec elle. » Yannick Cartailler est originaire de Saint-Dier-d’Auvergne, et quand il parle de la Terre, c’est qu’il a passé une bonne partie de ces dernières années à la parcourir à Shanghai, Hong-Kong ou en Amérique du Sud, entre Bolivie, Pérou et Chili. À ne plus toucher terre en fait.
Une installation rue du Torpilleur-SiroccoJusqu’à il y a trois ans où avec Lionel Astier avec lequel Yannick Cartailler travaillait dans la même PME spécialisée dans l’équipement de jardins, ils créent Culture Serres. « Lionel est un amoureux du jardin, des serres. C’est un passionné dans ce domaine », souligne Yannick Cartailler.
En mars 2018, c’est l’installation dans un local de 300 m² rue du Torpilleur-Sirocco à Thiers avec un principe simple, toujours d’actualité : celui de fabriquer leurs produits sur place, avec des matériaux français ou européens. Seule exception, les serres basiques ou de petites tailles (certaines serres tunnels, à tomates ou à semis de 2x3 m ou 3x3 m en entrée de gamme par exemple), des accessoires qui, eux, viennent de Chine, représentant 30 à 40 % du chiffre d’affaires.« L’enjeu c’est de se substituer à ces produits, et de proposer à terme 90 % de produits français ».
« L’enjeu c’est de se substituer à ces produits, et de proposer à terme 90 % de produits français », envisage Yannick Cartailler, qui vend quatre gammes de produits, entre les serres souples avec une large part de produits français aux structures métalliques ; des rigides dont certains modèles urbains ; des films et bâches ainsi que des solutions d’aménagement. Soit au total une soixantaine de références environ.
« Besoin de plus d’espace »Reste que ce premier local est vite devenu trop petit. « On avait besoin de plus d’espace par rapport à notre business plan », ajoute Yannick Cartailler.
Car entre temps, Culture Serres s’est développé pour totaliser 7 salariés aujourd’hui dont trois personnes pour l’équipe de production. Idem pour le chiffre d’affaires « en plein développement », avec des ventes multipliées par quatre la première année, et doublées aujourd’hui pour atteindre 860.000 € en 2020. Culture Serres a donc poursuivi son développement, fin 2020, toujours à Thiers, mais dans la zone de Felet sur 1.300 m² dont 400 m² de stockage avec une vraie plateforme logistique chez STT Logistique.
Magasin d’usineDirigé par Guilhem Coste, le site propose de la vente à la façon d’un magasin d’usine : « On a pas mal de ventes sur le bassin, aussi bien sur des serres que sur des bâches de remplacement. On a beaucoup de demandes de découpe en fonction des besoins des clients », remarque Yannick Cartailler.
Un projet de serre connectéeCulture Serres travaille au développement d’une serre connectée avec Yesitis à Clermont-Ferrand (déjà à l’œuvre sur les couteaux ou les vinyles). Un prototype devrait sortir d’ici trois mois et devrait permettre aux clients d’avoir par exemple des infos sur la qualité du sol, la température ou l’hygrométrie. « Dans un deuxième temps, l’idée sera de les rendre encore plus autonomes. S’il y a besoin d’eau, des capteurs pourront déclencher l’arrosage », décrit Yannick Cartailler. Une étude de marché a été aussi réalisée avec l’École de commerce de Clermont pour définir les besoins. « Grâce à ce produit-là, on peut rentrer dans l’écosystème des start-up », et notamment le réseau d’accélérateur de start-ups en France, “Le Village by CA Centre France” et travailler avec l’Inra ou Limagrain.
Des produits selon les besoins, mais également des modèles haut de gamme, ou de plus grande taille, jusqu’à 5 m de large. Les ventes s’effectuent aussi via le site internet de Culture Serres. Ce dernier dispose aussi d’un blog de conseils tandis que l’entreprise se développe également sur les réseaux sociaux.
« À terme, on veut être les spécialistes de la culture sous serre et proposer des solutions », note Yannick Cartailler. Outre un magasin en Bretagne - les plus gros marchés sont sur l’Ouest de la France - Culture Serres travaille aussi en B to B avec de grandes enseignes spécialisées dans l’amélioration de l’habitat.
La saison débute le 1er marsAu final, un positionnement opportun dans le contexte sanitaire actuel, mais également économique « où il est plus rentable de faire pousser ses propres légumes ». Sans oublier les questions de transmission aux enfants de ce savoir, « et la reconnexion à la terre. » Et les premiers mois de 2021 semblent donner raison à l’entreprise, qui ne connaît pas de ralentissement et a pu procéder à une embauche en CDI pendant le confinement. La pleine saison, elle, débute dès aujourd’hui. Et avec le beau temps actuel, les serres devraient continuer à pousser, autant que leurs légumes et fleurs.
François Jaulhac francois.jaulhac@centrefrance.com

