L’histoire de la Réassurance 3/3
Pendant environ trois siècles, les opérations de réassurance restèrent principalement sous la forme de cessions facultatives, c’est-à-dire conclues risque par risque.
Avec la découverte de l’Amérique, l’expansion coloniale et l’allongement des routes commerciales, les risques augmentèrent — et, avec eux, le besoin de réassurance.
À l’origine, tout provenait de la branche maritime, dont sont issues les autres branches non-vie.
L’Atlantique devint central pour le commerce maritime et Londres s’imposa comme l’un des principaux centres mondiaux.
L’histoire des Lloyd’s commence en 1688 avec l’ouverture par Edward Lloyd d’un coffee house dans la City de Londres, lieu de rencontre des marchands et armateurs intéressés par l’assurance maritime.
Au fil du temps, ce lieu évolua en véritable marché d’assurance, formalisé en 1774 sous le nom de « Company of Lloyd’s ».
En 1706 fut fondée à Londres la première compagnie d’assurance-vie au monde, appelée « Amicable Society for a Perpetual Assurance Office ».
Au XVIIIe siècle, le rôle de la réassurance devint de plus en plus central, au point que les réassureurs influençaient directement les tarifs pratiqués par les assureurs.
En 1746, le roi George II limita fortement la réassurance en Angleterre, après des abus consistant à réassurer 100 % des risques à moindre coût, provoquant une hausse artificielle des prix.
La réassurance ne fut autorisée qu’en cas d’insolvabilité ou de décès de l’assureur.
Ces restrictions profitèrent à Lloyd’s, qui contourna la situation en intervenant comme co-assureur.
En 1846, après le grand incendie de Hambourg (1842), fut fondée en Allemagne la première société de réassurance : Koelnische Rueck (aujourd’hui Gen Re).
En 1863 fut créée Swiss Re.
En 1880 fut fondée Munich Re, toujours l’un des acteurs majeurs mondiaux.
En 1864, la reine Victoria abrogea l’ordonnance de George II, permettant à Lloyd’s de reprendre officiellement ses activités de réassurance.
Les courtiers sont les véritables « risk managers » des clients. Ils doivent comprendre les besoins, parler le langage des assureurs et des réassureurs, et proposer des solutions innovantes.
Deux dates clés :
• 1890 : C. E. Heath introduit le concept d’« Excess of Loss » (XL);
• 1926 : Guy Carpenter introduit le premier XL sur rétention.
Ces innovations ont profondément transformé la réassurance et ouvert la voie aux formes modernes de transfert alternatif de risques.
L’assurance est un pilier de l’économie : elle permet la gestion, le transfert et la mutualisation des risques, favorisant la croissance économique et le bien-être social.
Ses fondements reposent sur :
• la limitation de la variabilité financière liée aux événements imprévus ;
• le maintien de la solvabilité et du pouvoir d’achat ;
• l’amélioration de la stabilité financière.
Les réglementations internationales se sont renforcées pour protéger les assurés et garantir que les engagements contractuels soient respectés.
Aujourd’hui, la qualité des données est cruciale pour les (ré)assureurs et les courtiers.
Malgré la complexité réglementaire croissante, l’enthousiasme et l’innovation restent essentiels.
Le plaisir de bien faire les choses dans un cadre clair est infiniment supérieur à celui d’agir sans règles.
J’espère que ces aperçus de l’histoire de la (ré)assurance vous ont intéressés.
Merci de votre attention, et je vous souhaite de toujours trouver le meilleur dans chaque situation, sans jamais perdre votre enthousiasme !
Lire la suite ici : L’histoire de la Réassurance 3/3 (source : News Assurances Pro - Media Indépendant des assureurs, mutuelles et institutions de prévoyance)

