L’histoire de la Réassurance 1/3
Bonjour, je m’appelle Enrico et je suis un passionné de réassurance de longue date.
Tout au long de ma carrière, entièrement passée dans le secteur de l’assurance, j’ai occupé des postes dans des cabinets de courtage en assurance et en réassurance, des sociétés de réassurance, des compagnies d’assurance et même dans une société de logiciels dédiée au secteur, aussi bien dans le développement d’un système spécialisé qu’en conseil pur en réassurance.
J’ai travaillé (et je travaille toujours) dans la réassurance pendant la majeure partie de ma carrière.
Je l’ai fait en tant que souscripteur en réassurance, intermédiaire et responsable de la réassurance cédée pour des groupes d’assurance nationaux et multinationaux. Aujourd’hui, je travaille comme consultant interne pour des experts en logiciels et comme consultant externe pour la direction de compagnies cédantes ou de réassureurs.
Comme toute activité, la réassurance a ses avantages et ses inconvénients, mais, comme pour toute activité, comprendre et explorer ses aspects les plus intéressants nous aide à aimer le travail qui nous permet de vivre — ce qui est bien préférable que de passer la majeure partie de sa vie professionnelle avec tristesse !
C’est ce que j’ai fait depuis le début, quel que soit le poste qui m’était confié, et je dois dire que c’est une attitude que je recommanderais à tout le monde.
La réassurance est un domaine très particulier ; le grand public ne sait généralement même pas ce que c’est, car il s’agit d’une activité hautement spécialisée en B2B.
C’est aussi la raison pour laquelle je m’y suis particulièrement intéressé dès mon entrée dans ce sous-secteur de l’assurance en 1989, après mes cinq premières années passées en tant que courtier en affaires directes.
J’ai récemment découvert une série de vidéos vraiment intéressantes sur YouTube réalisées par un réassureur international bien connu, la CCR. Ces vidéos couvrent globalement la période de 1975 à nos jours. J’ai donc décidé d’en raconter le préambule, sans entrer dans les aspects techniques fondamentaux des différents types de réassurance professionnelle.
Je n’ai donc pas l’intention de proposer un cours de réassurance — ce que je fais parfois dans le cadre de mon travail — mais simplement d’en raconter l’histoire.
Cela, à mon avis, aide à comprendre l’importance qu’a eue et qu’a encore aujourd’hui la réassurance et ajoute peut-être un peu de culture, d’enthousiasme et de fierté aussi bien à ceux qui débutent dans le domaine qu’à ceux qui y travaillent depuis des années, sans avoir eu le temps de remonter aussi loin dans le passé.
Comme je l’ai mentionné, j’expliquerai comment et pourquoi cette activité est née, quels besoins elle a comblés et comment elle s’est développée, devenant pratiquement l’une des premières activités financières véritablement mondialisées, bien avant d’autres beaucoup plus connues du grand public.
Elle doit aussi être considérée comme une partie importante de l’histoire du progrès humain, bien qu’il s’agisse d’une activité B2B, sans contact avec le grand public, sauf bien sûr pour ceux qui travaillent dans le secteur.
La réassurance suppose évidemment l’existence de l’assurance ; son histoire s’enracine donc dans celle de l’assurance, et il est essentiel d’en parler pour contextualiser le récit.
Les premiers contrats d’assurance remontent au Moyen Âge (principalement pour le transport de marchandises, très souvent maritime), mais le rôle de l’assureur était joué par le bailleur de fonds, qui prêtait de l’argent au marchand pour le transport des marchandises, essentiellement par mer.
En substance, le marchand, qui pouvait posséder un ou plusieurs navires à l’époque, prenait des risques énormes à chaque voyage. Il s’agissait de navires en bois qui, malgré la qualité de leur construction, ne sont pas comparables à ceux d’aujourd’hui (qui restent cependant soigneusement assurés).
Ces navires traversaient des mers imprévisibles, qui étaient alors bien plus effrayantes qu’aujourd’hui. Le risque de naufrage était élevé et, comme on peut l’imaginer, ce n’était pas le seul danger pour la cargaison.
La cargaison était considérée comme l’élément le plus important : c’était la raison pour laquelle il valait la peine d’investir. Compte tenu des risques et peut-être aussi des mentalités de l’époque, des formes spécifiques d’indemnisation en cas de perte de vie n’étaient pas encore envisagées, mais les bases d’une évolution rapide vers la véritable assurance étaient posées.
Au départ, le bailleur de fonds prêtait au marchand l’argent nécessaire pour acheter les marchandises et financer le voyage. Si le voyage réussissait, le prêt était remboursé avec intérêts ; si le navire faisait naufrage, le marchand pouvait être dispensé de remboursement.
Le plus ancien contrat d’assurance connu a été rédigé à Gênes et date du 13 mai 1189. Il est encore conservé aux Archives d’État de Gênes.
Lire la suite ici : L’histoire de la Réassurance 1/3 (source : News Assurances Pro - Media Indépendant des assureurs, mutuelles et institutions de prévoyance)

