Quelle recette pour l'équipe de rugby de Thiers (Puy-de-Dôme), jeune promue, et auteur d'un début de saison tonitruant ?
Il la joue un peu en mode Guy Roux, et on ne peut lui en vouloir. Rien de plus normal pour Laurent Gozard, le président du Pays de Thiers Rugby. « Encore deux victoires pour le maintien, l’objectif reste inchangé. On ne va perturber personnes avec des surobjectifs. Gardons la fraîcheur et la spontanéité. » Le message est passé.
Ne tirer aucun plan sur la comèteIl n’empêche, il faut bien revenir sur ce début de saison à conjuguer au presque parfait. Six matchs, cinq victoires. La seule défaite se déroulant sur le terrain de l’invaincu Mauriac. Et une seconde place au classement.
« Si on regarde en détail, tout le monde peut battre tout le monde, les scores sont régulièrement assez serrés », analyse le président, qui tempère.
« Il ne faut pas s’enflammer, on en gagne deux à la dernière seconde, mais ça n’enlève pas le mérite aux joueurs. »
Ce premier tiers de la saison achevé, le second commence dimanche 21 novembre au stade Antonin-Chastel contre Bort, puis déplacement à Clermont La Plaine, et réception de Saint-Flour. Un deux sur trois permettrait d’assurer sans aucun doute le maintien dès la phase aller, et de passer l’hiver au chaud.
Parce que l’hiver, c’est toujours compliqué jusqu’en février. Au-delà, quand le championnat sera fini, le dernier week-end de mars, qu’en sera-t-il ? Une place dans les quatre ? Des matchs couperets pour la montée ? Les PTR n’en sont pas là et ne tirent aucun plan sur la comète.
« Un petit supplément d’âme »« Si jamais, on demandera aux joueurs ce qu’ils veulent faire, et on les accompagnera », prévient Laurent Gozard, qui souhaite avant tout que les joueurs partagent des émotions entre copains, portés par l’engouement d’un public nombreux.
« L’élément essentiel, c’est le cœur que les joueurs mettent dans les matchs, on gagne souvent à l’arraché, on n’a pas de grosse marge en termes de rugby, il y a du cœur et un bel état d’esprit », confirme Julien Fayet, entraîneur. « Des joueurs qui jouent ensemble depuis longtemps, ça crée un petit supplément d’âme, qui fait que ça tourne en notre faveur », complète Christophe Mazin, entraîneur lui aussi.
Un groupe qui tient bon aussi, malgré les (très) nombreuses blessures, qui fragilisent l’effectif des 75 licenciés. « Ce qui fait que l’équipe réserve souffre beaucoup », poursuit Julien Fayet qui ne manque pas de regarder du côté de la formation : « On bénéficie du travail de la formation depuis des années, avec des jeunes à qui on donne leur chance. »
« Ça prend du temps toutefois en termes d’organisation et de circulation offensive, juge Christophe. On ne produit pas ce que l’on aimerait produire, mais on reste le promu. On sait que le niveau demande plus de précision. Et puis on donne pas mal de points… » De quoi remettre les pieds sur terre à tout le monde. Car comme le dit l’adage : « Assurer le maintien, le reste, c’est du Brennus. »
Alexandre Chazeau
Chez les jeunes. Ce sont de belles générations à venir qui déboulent au sein des équipes jeunes du Pays de Thiers Rugby, grâce à un encadrement efficace et de la qualité. Pour preuve, parmi les générations qui alimenteront les équipes seniors, les U19 évoluent aujourd’hui en Régional 1 et sont seconds de leur poule, tout comme les U16, qui évoluent au même niveau. De quoi apprécier à sa juste valeur le travail fourni depuis l’école de rugby.

