Le Moulinois Kevin Azéma à nouveau champion de France de judo
Bien malin celui qui aurait misé un kopeck sur la victoire finale de Kevin Azéma (-66 kg), lors des récents championnats de France de première division. De son propre aveu, le Moulinois de 30 ans a fait une croix sur le (très haut) niveau international. Et pourtant, samedi, sur les tatamis de Caen, où l’élite du judo tricolore s’était donné rendez-vous, il est revenu sur le devant de la scène. Un retour fracassant?! Sous forme de valse à cinq temps.
Une affaire de familleAprès un premier combat âpre (conclu par l’abandon de son adversaire), le Bourbonnais, enchaînait deux ippons et décrochait brillamment sa place en demi-finale des moins de 66 kg. Demi-finale qu’il remportait de justesse, au golden score, avant une finale aboutie contre le Montpelliérain Jolan Florimont.
Après deux minutes de grosses batailles de garde et d’affrontement physique, celui qui est, depuis septembre dernier, professeur et responsable des compétiteurs au sein de l’AS Montferrand Judo faisait la différence grâce à un délicieux kata-guruma (roue autour des épaules). L’arbitre annonçait ippon. Kevin Azéma pouvait savourer. Et tomber dans les bras de son père, Gérard, qui est aussi celui qui l’a formé à l’ASPTT Moulins et qui était sur la chaise de coach lors de ces France.
C’était fou de partager ça avec mon père et en défendant les couleurs de mon club de cœur, souligne Kevin Azéma. Je voulais faire au moins une fois dans ma carrière les championnats de première division avec l’ASPTT Moulins, c’est ma façon de remercier mon club, qui fait un super travail de formation depuis des années, qui est en pleine progression en ce moment et qui mériterait d’être davantage soutenu par des partenaires privés et publics. Mais, en tous les cas, je n’avais pas anticipé ce scénario. Je ne pensais pas rentrer avec la médaille d’or.
Une saison blancheUne victoire aussi belle qu’inattendue. Rappelons qu’après une saison blanche, l’an passé (la faute aux blessures), le Bourbonnais a pris une grande décision en quittant, l’été dernier, la région parisienne, l’Insep et le Judo Club Maisons-Alfort pour se rapprocher des siens et préparer son après-carrière.
« Je ne voulais pas me mentir à moi-même. Mes chances de me qualifier aux Jeux Olympiques étaient très amoindries. Je n’ai pas réussi à avoir les bons résultats au bon moment. Et, aujourd’hui, il y a trois Français dans le top 15 mondial (chez les -66kg)... »
Qualifié pour le plus grand tournoi mondialQuoi qu’il en soit, sur une journée, samedi, c’est bien Kevin Azéma qui était le plus fort. Sans doute parce qu’il a abordé ces France sans pression, juste avec la volonté de profiter de l’instant avec ses proches.
J’étais libéré dans ma tête et c’est ce qui a fait la différence. Mais, ce titre de champion de France ne change rien dans ma vie, mes objectifs restent les mêmes : dès lundi, j’ai repris les entraînements avec les jeunes de l’AS Montferrand.
Rien changer?? Pas tout à fait. Grâce à cette performance, Kevin Azéma a décroché son ticket pour l’un, si ce n’est le tournoi de judo le plus prestigieux du monde, le Grand Slam de Paris Bercy. En février, le Moulinois défendra les couleurs de l’équipe de France face aux meilleurs judokas de la planète. « Il faut être lucide, ce sera très compliqué, mais j’irai dans le même état d’esprit. Si ça passe tant mieux, sinon tant pis… »
Bio express de Kevin Azéma Né le 30 juin 1993, à Moulins, dans une famille de judokas, il fait ses premiers pas sur les tatamis de l’ASPTT Moulins, dès 3 ans. En 2009, il intègre le Pôle France d’Orléans et, en 2012, l’Insep. En 2014, il signe au Judo Club Maisons-Alfort et reste près de dix ans en région parisienne avant de revenir en Auvergne à la rentrée 2023. Depuis septembre, il est professeur à l’AS Montferrand Judo et licencié, à nouveau, à l’ASPTT Moulins. En parallèle, il a obtenu une licence Staps (bac +3).Côté palmarès, Kevin Azéma enchaîne, depuis minime, les podiums nationaux. Il a été vice-champion de France cadet, puis junior. En senior, il a remporté deux fois le titre de champion de France (2018 et 2023), ainsi que de multiples victoires et podiums en Coupe d’Europe et du du Monde. Il compte, enfin, des sélections en équipe de France. Un palmarès long comme le bras.
Kevin Lastique

