Mondial 2026 : Pour l’Iran, c’est non !
Le dossier Iran au Mondial 2026 n’en finit pas de tenir en haleine. La Fédération iranienne de football avait formulé une demande officielle à la FIFA le mois dernier, espérant obtenir une concession majeure avant le coup d’envoi de la compétition. La réponse a été confirmée officiellement en fin de semaine dernière par la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum lors d’une conférence de presse à Mexico City. Et elle est sans appel.
L’Iran contraint de jouer aux États-Unis malgré tout
La FIFA a rejeté la demande iranienne de délocaliser ses matchs du groupe G des États-Unis vers le Mexique. Team Melli jouera bien ses trois rencontres sur le sol américain : deux à Los Angeles (15 et 21 juin) et une à Seattle (26 juin), face à la Belgique, l’Égypte et la Nouvelle-Zélande. Sheinbaum, dont le pays co-organise le tournoi, avait pourtant montré une certaine ouverture à accueillir les Iraniens. Mais la FIFA, par la voix de Gianni Infantino, a tranché : « Les matchs se joueront là où ils sont censés se jouer, selon le tirage au sort. » La logistique d’une délocalisation, jugée trop complexe, a scellé le débat.
Le contexte géopolitique rend ce refus particulièrement sensible. Depuis le conflit armé entre les États-Unis, Israël et l’Iran déclenché fin février, la fédération iranienne exprime des craintes légitimes pour la sécurité de ses joueurs. Le président de la FFIRI Mehdi Taj avait évoqué un possible boycott, et le ministre des Sports iranien a conditionné la participation de son pays à une relocalisation. Trump lui-même avait alimenté les tensions en déclarant publiquement que la présence iranienne sur le sol américain pourrait être dangereuse.
Claudia Sheinbaum, présidente du Mexique, a confirmé le refus de la FIFA : l’Iran ne jouera pas ses matchs sur le sol mexicain. Une décision qui relance l’incertitude sur la participation de Team Melli au Mondial 2026.
L’Italie retient son souffle
Infantino avait tenté d’apaiser les esprits lors d’une visite surprise au match amical de l’Iran contre le Costa Rica en Turquie fin mars. « L’Iran sera au Mondial, j’ai vu l’équipe, j’ai parlé aux joueurs. » Des mots rassurants, mais le bras de fer institutionnel est loin d’être terminé. L’Iran participera-t-il vraiment au Mondial 2026 ? La FIFA dit oui. Téhéran, lui, n’a pas encore dit son dernier mot.
Le feuilleton iranien dépasse par ailleurs les frontières du Moyen-Orient. Si l’Iran venait à déclarer forfait, la FIFA envisagerait, selon The Athletic, un barrage intercontinental de dernière minute réunissant deux nations de l’AFC et deux nations européennes non qualifiées. L’Italie, absente du Mondial pour la troisième fois consécutive après son élimination aux tirs au but face à la Bosnie, figurerait en bonne place parmi les candidates UEFA en vertu de son classement FIFA. Ce que Téhéran vit comme une contrainte géopolitique insupportable pourrait donc, par un paradoxe cruel, rouvrir une porte que la Squadra Azzurra croyait définitivement fermée. Deux dossiers en apparence distincts, mais dont les destins sont désormais liés.

