Sénégal – Maroc : « Je suis resté sur la pelouse », la déclaration qui change tout
Le football africain est suspendu au verdict du Tribunal Arbitral du Sport. Le titre de la CAN 2025, remporté sur le terrain par le Sénégal puis attribué sur tapis vert au Maroc, est au cœur d’une bataille juridique sans précédent. L’argument principal de la CAF pour justifier sa décision ? Le fait que les joueurs sénégalais aient quitté la pelouse en signe de protestation. Un abandon de poste qui, selon le règlement, justifie le forfait. Mais cette version des faits est aujourd’hui remise en cause par l’un des principaux acteurs de cette soirée folle. Et sa parole a du poids.
« Moi, je suis resté avec Sadio sur la pelouse »
Cet acteur, c’est le héros de la finale, l’unique buteur, Pape Gueye. Dans un entretien accordé au magazine So Foot, le milieu de terrain est revenu sur ces minutes de chaos. Et sa version des faits est sans équivoque. « Moi, je suis resté avec Sadio sur la pelouse », a-t-il affirmé, contredisant l’idée d’un exode collectif et unanime. Une déclaration qui confirme le rôle de leader de Sadio Mané, qui avait gardé son sang-froid pour convaincre ses coéquipiers de revenir au jeu, mais qui prouve aussi que tous les joueurs n’avaient pas suivi la consigne de leur entraîneur.
Cette précision est d’une importance capitale. Elle vient fragiliser l’argumentaire de la CAF, qui s’est appuyée sur un prétendu abandon de poste de toute l’équipe pour justifier sa décision. Si plusieurs joueurs sont restés sur le terrain, peut-on encore parler de « refus de jouer » ? C’est l’une des questions que devront trancher les juges du TAS.
Un sentiment d’injustice toujours aussi vif
Au-delà de cette révélation, l’interview de Pape Gueye traduit un sentiment d’injustice toujours aussi vif. Il est revenu sur la frustration immense qui a envahi le groupe après le but refusé, puis le penalty accordé au Maroc. « On fait un mois ensemble sans voir nos familles pour que ça se finisse comme ça ? Impossible », a-t-il lâché. Il a également tenu à rendre hommage à son gardien, Édouard Mendy, « injustement » oublié selon lui après son arrêt sur la panenka de Brahim Diaz.
Le but de Pape Gueye, cette « libération », a fait de lui le « seul joueur sénégalais à avoir marqué dans une finale ». Une fierté immense, qui rend la décision de la CAF encore plus cruelle. Sa parole, comme celle du vice-président du Jury d’Appel qui a contesté le verdict, est une nouvelle pièce au dossier sénégalais. Une pièce qui pourrait bien peser lourd dans la balance.

