Donnarumma n’a toujours pas digéré
Trois absences consécutives en Coupe du monde. Un chiffre qui n'existait pas dans l'histoire de la Nazionale avant 2018 — et qui, désormais, la définit. Après le naufrage aux tirs au but face à la Bosnie-Herzégovine (1-1, 1-4 t.a.b.), Gianluigi Donnarumma a brisé le silence. Les yeux encore rouges lors de sa prise de parole sur Sky Italia, le gardien de Manchester City ne s'est pas réfugié derrière les formules creuses du football institutionnel.
"Il faut réagir. C'est dur, mais il faut continuer avec force", a-t-il lâché, la voix étranglée. Une phrase simple, presque nue, qui en dit plus que n'importe quel discours de façade.
Voici la délcaration dans son intéralité : "Les premiers jours, j'ai eu beaucoup de mal à digérer, mais la vérité, c'est qu'il faut réagir. Ce furent des jours très durs et éprouvants, comme pour tous les Italiens. Nous tenions tous énormément à aller au Mondial, malheureusement nous n'y sommes pas parvenus et il faut l'accepter. Il faut aller de l'avant, même si ça fait mal, vraiment très mal. Au-delà de ces déceptions, nous avons accompli des choses importantes. Il faut réagir. C'est dur, mais il faut continuer avec force et avec la conviction que l'Italie redeviendra grande."
Ce qui frappe, c'est le paradoxe Donnarumma : le meilleur gardien de l'Euro 2021, élu meilleur joueur du tournoi, incarne à lui seul la fracture italienne entre excellence individuelle et néant collectif. L'Italie produit des talents de classe mondiale — mais échoue à les transformer en une équipe qui gagne quand ça compte vraiment.
À 27 ans et 81 sélections, Donnarumma aura peut-être une dernière chance en 2030. Le temps presse, et l'Italie ne peut plus se permettre d'attendre.

