Ce que Deschamps et son staff ont appris sur la Bolivie
Quelques heures après leur opposition face au Brésil, Didier Deschamps et son encadrement ont certainement gardé un œil sur Monterrey. Jeudi, la Bolivie a arraché son billet pour la finale des barrages intercontinentaux en dominant le Suriname (2-1). Si la Verde doit encore écarter l’Irak mardi pour valider son ticket dans le groupe I du Mondial 2026 aux côtés de la France, du Sénégal et de la Norvège, sa prestation mexicaine a livré de précieux indices. Loin de la génération dorée de 1994 menée par Erwin Sánchez et cie, cette formation possède d’autres arguments redoutables.
Quelle est la principale force des Boliviens ?
L’enseignement majeur de cette rencontre réside dans la résilience sud-américaine. Menés au score juste après la pause suite à un but de Liam van Gelderen, les hommes d’Óscar Villegas n’ont jamais cédé à la panique. Loin de se désunir, ils ont accentué leur emprise sur le ballon pour renverser la situation en sept minutes. Cette capacité de réaction prouve que cette sélection ne lâche rien, même lorsqu’elle est dos au mur et loin des hauteurs de La Paz.
Comment la jeunesse bolivienne a-t-elle changé la donne ?
Le staff tricolore aura également noté l’impact déterminant des remplaçants boliviens. L’entrée du jeune Moisés Paniagua a totalement dynamisé le secteur offensif, avec une égalisation décisive à la 72e minute. Dans son sillage, Miguel Terceros (dit « Miguelito ») a fait preuve de sang-froid pour transformer le penalty de la victoire. Ces profils véloces, capables de se projeter rapidement, offrent des solutions variées en transition qui peuvent déstabiliser n’importe quelle arrière-garde.
Pourquoi ce profil tactique représente-t-il un piège pour la France ?
Sur le papier, cette équipe ferait figure de petit poucet du groupe I. Pourtant, son vécu récent dans les éliminatoires de la zone sud-américaine, où elle s’est forgée face à des adversaires de très haut niveau, lui confère une véritable légitimité. Capable de défendre en bloc bas, de faire le dos rond grâce à son gardien Guillermo Viscarra, puis de piquer en contre, la Verde possède tous les attributs du traquenard parfait pour des Bleus contraints de faire le jeu.
L’Irak sera-t-il le dernier obstacle avant de défier les Bleus ?
Avant d’imaginer une confrontation face aux champions du monde 2018, la Bolivie devra d’abord confirmer ses bonnes dispositions mardi face à l’Irak. Si elle franchit cette ultime étape, elle abordera le tournoi libérée de toute pression, avec l’euphorie des survivants. La France est prévenue : faire preuve de suffisance face à un collectif aussi discipliné serait une erreur stratégique. Didier Deschamps aura donc tout intérêt à ne pas prendre cette opposition de haut si l’affiche se confirme. Mais, ce n’est de toute façon pas dans ses habitudes.

