CAN 2025, le Sénégal ne digère toujours pas l’injustice
La Fédération sénégalaise de football (FSF) a exprimé sa « profonde consternation » suite aux condamnations fermes prononcées par le tribunal de Rabat à l’encontre de 18 supporters des Lions de la Teranga.
Les peines, jugées « disproportionnées » par Dakar, font suite aux incidents survenus lors de la finale du 18 janvier dernier. Neuf supporters ont écopé d’un an de prison ferme, tandis que les neuf autres ont été condamnés à des peines allant de trois à six mois. La justice marocaine leur reproche des actes de hooliganisme, des violences contre les forces de l’ordre et des dégradations de matériel lors d’une fin de match électrique, marquée par des décisions d’arbitrage contestées.
Une crise diplomatique et sportive majeure.
Bacary Cissé, au nom de la FSF, a dénoncé une « injustice flagrante », soulignant que des débordements similaires survenant régulièrement dans les stades marocains ne sont jamais sanctionnés avec une telle rigueur. L’avocat de la défense, Me Patrick Kabou, a quant à lui déploré que ces supporters servent de « boucs émissaires » dans un contexte où la finale avait basculé dans le chaos après un but refusé au Sénégal et un penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel.
« Cette décision, d’une sévérité incompréhensible, suscite une vive indignation », a ainsi déclaré le président de la commission communication de la FSF, Bacary Cissé. « Ce que nous considérons comme une forme d’injustice flagrante à l’encontre de nos compatriotes interpelle. Des échauffourées surviennent dans de nombreux stades à travers le monde, y compris chaque week-end au Maroc, sans pour autant entraîner de telles sanctions. Le traitement réservé à ces supporters paraît dès lors disproportionné »
Malgré le sacre sportif des hommes de Pape Thiaw, ce verdict jette un froid polaire sur les relations entre les deux nations de football. La Fédération sénégalaise pourrait désormais solliciter une intervention diplomatique pour obtenir une révision des peines ou un transfèrement de ses ressortissants.

