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Droits TV : La LFP nous a-t-elle menti ?

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Le football français vacille à nouveau sur ses bases. L’aveu d’impuissance de Vincent Labrune, qui ne croit plus à un « élan collectif » autour de Ligue 1+, résonne comme un chant du cygne. Dans la foulée, le départ irrévocable de Nicolas de Tavernost a fini de transformer le projet en champ de ruines. Pour justifier ce naufrage, la Ligue brandit une excuse commode : la perte des droits de la Coupe du Monde 2026 au profit de beIN Sports. Cet échec aurait prétendument torpillé le modèle économique de la plateforme.

Un écran de fumée pour masquer l’échec stratégique

Pourtant, cette explication simpliste peine à convaincre les observateurs les plus lucides. L’économiste du sport Pierre Rondeau dénonce une manœuvre de diversion. Selon lui, présenter le Mondial comme une bouée de sauvetage relève du pur fantasme économique. Il démonte (sur son compte X) point par point le récit officiel de l’instance. Faire de l’acquisition des droits FIFA une « question de survie » pour une chaîne de championnat national est, au mieux une erreur d’analyse, au pire un mensonge délibéré.

L’expert s’appuie sur la réalité du marché pour appuyer son propos. « Quand beIN diffuse le Mondial, ils gagnent un million d’abonnés qui s’en vont sitôt la finale sifflée », rappelle-t-il. L’investissement de 20 millions d’euros n’aurait donc jamais été rentabilisé sur le long terme. Une question de bon sens s’impose : pourquoi un spectateur attiré par une compétition internationale resterait-il abonné pour un Nantes-Toulouse en plein mois de décembre ? La réponse est cruelle : il ne le ferait pas.

Le micro de Ligue 1+ continue de grésiller, mais plus personne n’écoute. Pendant ce temps, le piratage prospère et les clubs trinquent. Belle comédie.

Le piratage, véritable cancer ignoré par la Ligue

Pour Pierre Rondeau, le mal est bien plus profond et la LFP refuse de s’attaquer à la racine du problème. « Ligue 1+ n’a pas besoin de la Coupe du Monde. Ce qui compte, c’est la Ligue 1 », martèle-t-il. Il pointe surtout l’inertie de l’instance face au fléau de l’IPTV et du streaming illégal. Ce piratage massif vide les caisses du football français chaque week-end. Or, les moyens alloués à cette lutte vitale restent dérisoires face à l’ampleur du désastre technologique et financier.

En se réfugiant derrière le camouflet de la FIFA, la LFP tente de dissimuler ses propres errances. La crise actuelle ne découle pas d’une décision prise à Zurich, mais d’une stratégie structurellement fragile et d’une incapacité chronique à protéger son produit. Ce récit victimaire ne fait que retarder une remise en question indispensable. À force de nier les évidences, le football français s’enferme dans une impasse. La comédie médiatique continue, mais les clubs, eux, commencent sérieusement à compter leurs derniers deniers.

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