OM : Paixao, une fin à la Vitinha ?
À Marseille, le prix d’un transfert n’est jamais un simple détail comptable. Il devient vite un fardeau ou un étendard. En recrutant Igor Paixao pour 30 millions d’euros, l’Olympique de Marseille a pris un risque majeur. Ce montant record n’est pas seulement financier. En effet, il porte une dimension politique évidente. Le club devait remplacer deux départs importants sur l’aile gauche. Dès lors, le Brésilien a hérité d’une pression immédiate. Dans la cité phocéenne, l’étiquette de recrue la plus chère colle souvent à la peau.
L’ombre de Vitinha et le procès en efficacité
Il est difficile de ne pas comparer ce transfert avec celui de Vitinha. Le Portugais avait aussi débarqué avec un statut de sauveur. Pourtant, il n’a jamais justifié l’investissement consenti par la direction. Un an plus tard, son départ marquait un échec cuisant pour le projet olympien. Aujourd’hui, Paixao subit la même grille de lecture. Il se retrouve jugé sur son prix plutôt que sur son apport réel. Certes, son bilan comptable n’est pas indigent. Avec neuf buts marqués, il reste un élément actif du système de Roberto De Zerbi. Cependant, une partie du public s’agace de sa maladresse répétée.
De fait, l’ailier brésilien divise profondément les supporters sur les réseaux sociaux. D’un côté, ses défenseurs louent ses efforts défensifs et sa générosité sans ballon. À l’inverse, ses détracteurs ne voient qu’un attaquant incapable de conclure ses actions. Ce clivage illustre parfaitement la période actuelle de l’OM. Le club cherche encore ses repères techniques. Dans ce contexte, chaque performance devient un procès en légitimité. Néanmoins, une différence majeure existe avec le dossier Vitinha. Paixao semble parfaitement intégré au collectif de son entraîneur.
Roberto De Zerbi voit en lui un joueur utile, capable de stabiliser le bloc équipe. Pour le coach italien, le Brésilien n’est pas un corps étranger. Pourtant, le temps n’est jamais infini au stade Vélodrome. Si son efficacité offensive ne progresse pas, le parallèle avec Vitinha deviendra pesant. La question de sa réussite réelle finira par s’imposer aux dirigeants. Paixao doit désormais prouver qu’il peut écrire sa propre histoire. Il lui reste peu de temps pour éviter de devenir un nouveau mirage financier. À Marseille, le talent doit se traduire en chiffres pour faire taire les critiques.

