Maroc : Regragui par ici la sortie ?
l a porté tout un pays sur ses épaules, l’emmenant jusqu’à une demi-finale de Coupe du Monde historique. Il a fait du Maroc la première nation africaine du classement FIFA. Il a ramené les Lions de l’Atlas en finale de la CAN, vingt-deux ans après. Le bilan de Walid Regragui est, objectivement, exceptionnel. Et pourtant, depuis la cruelle défaite à domicile face au Sénégal, son statut de héros intouchable s’est effrité. Le doute s’est installé, et la question de son avenir n’est plus taboue.
Le crédit du Mondial ne suffit plus pour Regragui
Le contrat du sélectionneur court jusqu’à la Coupe du Monde 2026, et la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) affiche officiellement une position de stabilité. Mais en coulisses, la pression est immense. Pour une partie de l’opinion publique, l’épopée du Qatar est déjà loin. Ce qui reste, ce sont « deux CAN ratées » : l’élimination précoce en 2023 et, surtout, cette finale perdue à Rabat, vécue comme un traumatisme national. Le jeu, jugé trop prudent, et une dépendance à certains cadres de 2022 sont pointés du doigt.
Regragui est lui-même conscient de cette érosion. Avant même la CAN, il avait lié son avenir au résultat final, expliquant que s’il ne gagnait pas, il faudrait « prendre les décisions logiques ». Après la finale, sa déception était immense, et des rumeurs d’une demande de démission officieuse ont circulé, malgré le soutien affiché de ses cadres. Il sait que son crédit populaire n’est plus illimité.
L’ombre de Sektioui plane déjà
Cette fragilité est accentuée par la montée en puissance d’un successeur potentiel : Tarik Sektioui. Ses excellents résultats avec les sélections de jeunes en font un candidat crédible pour l’avenir, et chaque succès de sa part augmente la pression sur Regragui. L’idée d’un nouveau souffle, incarné par un technicien local, fait son chemin dans l’esprit de nombreux supporters.
Pour l’instant, la tendance institutionnelle reste à la stabilité. Changer de sélectionneur à quelques mois d’une Coupe du Monde serait un risque énorme. Mais Walid Regragui est désormais un homme sous surveillance. Chaque match, même amical, sera scruté, chaque performance analysée. Son avenir n’est plus garanti par son contrat, mais par sa capacité à relancer une dynamique et à convaincre un public devenu exigeant. La route vers le Mondial 2026 s’annonce bien plus sinueuse que prévu.

