Greenwood régale, l’OM s’offre Rennes et un quart de finale
L’Olympique de Marseille est décidément une énigme insoluble, une entité capable de passer de l’ombre à la lumière en un claquement de doigts. Trois jours après le sabordage parisien et une semaine après le naufrage belge, l’OM a offert une réaction d’orgueil magistrale en écrasant Rennes (3-0) en 8e de finale de la Coupe de France. Au lendemain d’une explication de texte musclée à la Commanderie, les joueurs ont tenu parole. Oubliée l’apathie, place à la furia. Dans un Vélodrome passé des sifflets aux acclamations, les hommes de Roberto De Zerbi ont validé leur billet pour les quarts et rappelé qu’ils restent des candidats crédibles à ce trophée qui les fuit depuis 1989.
Gouiri lance les hostilités, Nwaneri frôle la correctionnelle
Les Marseillais n’ont pas laissé le temps au doute de s’installer. Dès la première minute, Timothy Weah, animé par cette « faim » réclamée par son coach, chipait le ballon à son ex-partenaire Quentin Merlin pour servir Amine Gouiri sur un plateau (1-0). Mais ce début idyllique a failli virer au drame. À la 22e minute, la recrue Ethan Nwaneri, coupable d’un attentat sur Glen Kamara, ne récoltait qu’un jaune miraculeux en l’absence de VAR. De quoi rendre fou de rage Habib Beye, conscient que ce tournant arbitral venait de sauver un OM pourtant dominateur mais chanceux sur ce coup-là.
Habib Beye a tenté un électrochoc à la pause en lançant Embolo, mais l’histoire s’est bégayée. Comme en première période, l’OM a frappé d’entrée. Gouiri, cette fois dans le rôle de passeur, trouvait Mason Greenwood dans l’intervalle. L’Anglais, d’un sang-froid clinique, ajustait Samba pour le break (2-0, 48e). Rennes, trop timide offensivement malgré une rare étincelle d’Al-Tamari, ne s’en relèverait pas.
Aubameyang finit le travail
Il a pourtant fallu chasser les vieux démons. Quand Gouiri a manqué l’immanquable à la 77e minute, le spectre du nul contre le Paris FC a traversé les travées. Mais cet OM-là était blindé. À la 83e minute, sur une transition éclair, Greenwood a fait étalage de sa classe et de son altruisme en offrant le troisième but à l’entrant Pierre-Emerick Aubameyang (3-0). Un geste de seigneur pour sceller une victoire collective aboutie.
Au coup de sifflet final, les banderoles insultantes du début de match semblaient bien loin. L’OM s’est refait une santé mentale et a signé un succès fondateur pour la fin de saison. Si la constance reste le talon d’Achille de cette équipe cyclothymique, la Coupe de France devient plus que jamais l’objectif prioritaire. Le calme est revenu sur la Canebière, mais à Marseille, on sait que la paix n’est jamais qu’une trêve entre deux tempêtes.

